Nouvelle année en argentique

Je vous souhaite à toutes et à tous une bien meilleure année que celle que nous venons de vivre. J’espère vous retrouver en pleine forme et voir de belles créations. Certains d’entre vous m’ont agréablement surpris avec des images étonnantes qui sortent de l’ordinaire. J’espère que vous me régalerez encore cette année. Pour ma part, 2020 c’est terminée de manière très classique, en argentique avec de la pellicule couleur. La Kodak Portra était de sortie entre les fêtes. La version 800 ISO parfaitement adaptée aux faibles luminosités en fin de journée sait restituer les couleurs chaudes des illuminations de Noël. Même si les couleurs dérivent parfois lors de la numérisation, je ne cherche pas à corriger les teintes. J’apprécie le rendu typiquement argentique. La balance des blancs se rectifie assez facilement dans Photoshop ou directement avec SilverFast mais je suis aussi nostalgique des imperfections des photographies d’avant. La Portra 800 est une pellicule à exposer dans les conditions d’éclairages difficiles. Ce film, classé en catégorie pro mais aujourd’hui utilisé massivement par les amateurs passionnés, permet de photographier sans flash et sans trépied. C’est peut-être une évidence pour vous mais je tiens à le préciser pour les nouveaux arrivants dans la photo argentique. Les questions restent les mêmes pour un débutant, que l’on soit argentique ou numérique. Continuez à me poser les questions qui vous taraudent. Comme d’habitude, j’ essaierai de vous répondre en toute humilité. Si je n’ai pas la réponse, des lecteurs du blog Histoires de photos et photographes expérimentés (et il y en a beaucoup) sauront vous venir en aide, j’en suis sûr.

La Grand Place de Lille – Kodak Portra 800

2021 sera une année de plus sous le signe de l’argentique puisque je compte produire encore davantage d’images avec de la pellicule noir et blanc ou couleur. Encore faut-il que la photographie que je propose plaise aux clients, qu’elle puisse les toucher au plus profond du cœur. C’est toujours pareil, le support ou le matériel ne représentent pas un argument. Il faut que les images leur parlent car ces images, qu’elles soient produites en argentique ou en numérique, doivent raconter leur histoire. Je dirais que c’est plus difficile en argentique quand il s’agit d’un reportage car il faut être constamment présent et pouvoir être en capacité de déclencher à chaque instant. En numérique, je produis beaucoup de photos, beaucoup trop à mon goût, mais j’arrive à en extraire un récit détaillé de l’événement avec parfois des pépites grâces aux personnes elles-mêmes prises dans le feu de l’action. J’assiste à des situations drôles, des moments chargés d’émotions qui ne pourraient pas être tous enregistrés si je devais couvrir l’intégralité d’une journée de mariage en argentique par exemple. Quand je travaille en argentique, je choisis les moments ou les sujets qui me semblent pertinents. Si la situation ou la qualité de la lumière me déplaît, je ne sors pas l’appareil photo.

Le prix des pellicules Kodak va encore fortement augmenter dans quelques semaines ou quelques jours. Le patron du laboratoire Photo Time à Lille me disait qu’il achète actuellement les films au prix auquel il les vendait il y a moins d’un an, tout en faisant moins de marge. C’est dommage parce que seuls les photographes fortunés ou les photographes professionnels pourront à l’avenir photographier avec de la Portra ou de la TMAX. 13 ou 15 euros pour seulement 36 photos, sans compter le coût d’un développement couleur, cela reste quand même onéreux. Les étudiants ou jeunes passionnés feront moins de photos ou essaieront de se procurer des films périmés afin d’assouvir leur passion. Mais c’est comme ça. Il faudra faire avec. Heureusement en noir et blanc, il existe des alternatives aux références prestigieuses comme la Kentmere ou la Fomapan et un développement maison en cuve ne revient pas trop cher. Pour couvrir un reportage en partie en argentique, j’achète dorénavant entre 250 et 300 euros de pellicules hors frais de labos. Alors qu’auparavant, mes dépenses se situaient plutôt aux alentours de 150 / 200 euros en matières premières. Autrement, je fais attention à ce que je cadre et comment j’expose en argentique.

Donc, pour en revenir à la Kodak Portra et a fortiori la 800, ces films de luxe seront exposés de préférence dans des occasions spéciales comme les fêtes de fins d’année, les mariages, les anniversaires et moins souvent lors des sorties photos banales. Oui, il y aura toujours de la photo argentique pour clients qui apprécient le grain et les teintes particulières d’une Portra. Je continuerai aussi à écrire des histoires en argentique dans ce blog photo que j’administre depuis plus de 10 ans mais peut-être pas dans les mêmes conditions qu’autrefois. Ce sera une nouvelle année en argentique mais différente des précédentes.

8 commentaires sur « Nouvelle année en argentique »

  1. Bonjour Fred, bonjour à toutes et tous,
    C’est vrai que le coût des pellicules, des développements et (éventuellement) scan en haute définition font parfois peur. J’ai parfois hésité à confier des films au labo avec qui j’ai noué des liens. Je n’ai pas de labo, ni la possibilité d’en installer un mais j’ai déjà songé à acheter une cuve pour au moins développer chez moi le film, que je scannerai ensuite. Ton avis et tes conseils pourraient être utile à ce sujet, pour aider à franchir le double pas du développement « at home » et ensuite du bon usage d’un scanner.
    Car l’argentique reste magique …
    Bien à toi.

  2. Bonjour Fred
    Je continue de vous lire en toute discrétion . Je vous souhaite une très belle année photographique avec de beaux projets créatifs . Je vous lirai tjrs avec plaisir .

  3. Happy New Year, Fred.

    While film and digital both capture moments in time, there are not comparable processes. Analogy: Riding my bicycle and driving my car can both take me from home to my work. Completely different costs, enjoyments, risks, benefits.

    Just thinking about costs, alone:
    1. The hard costs of film (cameras, lenses, developing equipment) spread over time are much less than digital.
    a. The hardware of film photography is incredibly durable – my primary cameras are both over 50 years old and my newest lens is 41 years old. This equipment will last me the remaining 3-4 decades of life I expect, and then my son will use this equipment for more decades (assuming film availability). Yet the only limitation on the images that can be produced lies with me, not the equipment.
    b. And digital hardware is disposable. In 11 years I am now on my fourth digital camera because of electronics failures (all were/are a recognized quality brand name). I doubt that AF lenses will still function a half-century from now. (is there any digital photographer still using the same equipment they did in 2010?)
    2. The disposables of film cost more than digital. Rolls of film vs. SD cards. No contest, even if one is careful with making the images on film and totally shutter-crazy on the digital camera.
    3. The time costs are adjustable – I develop and scan all my own negatives, that costs about 45 minutes of my direct attention per roll. I do no post-processing manipulations, so the time commitment ends after I’ve cataloged the negatives. I could pay to have somebody else do all that at a cost of $10-20 per roll. What does one value about photography? There are few photographers whose time is worth less the price of processing on the other hand that cold calculus assumes that there is no pleasure in the process and that the time gained is used for paying employment. I doubt there are many film photographers who fulfill both assumptions. And, how many serious digital photographers do not devote hours to Lightroom, Photoshop, or some other software package in post?

    The costs of time and money drive a completely different approach to making the image. One is like the deliberative enjoyment of a good bottle of wine or nicely aged scotch in the interest of thoughtfully preserving a moment. The other is a bottle of mass-produced lager beer, quickly consumed to quench a thirst for stopping time.

    Best wishes for your continued photography, I look forward to your continued postings of your film images. Your blog notices are a highlight of my email inbox.

    phil

    1. Happy new year Phil. I wish you the best. Many thanks for your comment. I’m really pleased and honored you read my posts. I’m a wedding and portrait photographer. I need both, analog and digital SLR. Sometimes digital cameras tire me and irritate me, but I have to use them in my professional activity. Material costs are not a real issue as long as I can sell my service. But honestly, I would rather do without Digital SLRs and only work with a Nikon FM2 or Canon film.

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