Photographies de rue à hauteur de hanche

Patrice Cotteau, un photographe à la retraite, imprégné par les maîtres de la photo américaine, opère furtivement dans la rue avec son Leica placé à hauteur de hanche. Le déclenchement est instinctif. Malgré mes 25 années de pratiques de la photo, j’en apprends beaucoup en observant ses négatifs. Il faut dire que Patrice Cotteau traîne derrière lui une sacrée expérience de la prise de vue et du noir et blanc argentique. Quand il photographie les gens, il va au contact direct. Il déclenche de manière instinctive et la plupart du temps sans être repéré. Cette technique qui consiste à photographier à hauteur de hanche offre des plans parfois très dynamiques. Le résultat ne lui plaît pas à chaque fois. L’homme est très exigeant. Il me confie la numérisation de ses films noir et blanc, de la Tri-X souvent exposée à 800 ISO. C’est avec un grand plaisir que je partage avec vous une infime partie de son travail.

Crédit photo : Patrice Cotteau

Crédit photo : Patrice Cotteau

Crédit photo : Patrice Cotteau

Crédit photo : Patrice Cotteau

Crédit photo : Patrice Cotteau

Crédit photo : Patrice Cotteau

Le portfolio de Patrice Cotteau sur Flickr.

Les photographes parisiens ont beaucoup de chance

Paris est sans conteste une ville qui favorise l’inspiration des artistes. Mais elle offre en plus aux passionnés de photo une multitude de lieux d’exposition consacrés aux grands photographes. Les photographes parisiens ont beaucoup de chance d’avoir accès à cette richesse d’œuvres photographiques. Ce n’est malheureusement pas le cas des gens de province. À Lille, il nous reste La Maison de la Photographie depuis la disparition des Transphotographiques. Mais en termes d’expositions prestigieuses, Paris se situe bien loin devant.

Mon ami et photographe Patrice Cotteau s’est rendu à l’exposition des œuvres du grand Ed van der Elsken.

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Inspiration photo Instagram

Instagram, ce ne sont pas que des images prises à la volée avec un smartphone à l’intérieur d’un restaurant ou des cadrages en plongée sur les pieds nus dans le sable dans le seul but d’agacer ceux qui sont au travail. Instagram, c’est aussi un vivier de très bons photographes à découvrir. J’en ai repéré plusieurs ces dernières semaines qui méritent vraiment un post. J’aimerais vous en présenter trois pour commencer.  Lire la suite

Où sont les bons photographes de rue ?

Je crois que j’exagérais un peu en affirmant qu’un portfolio sur cent seulement exposait des images de rue intéressantes et originales. Ce doit être la frustration qui parlait à ma place. En vérité, je ne fais pas mieux. Il y a quand même de belles choses sur le net. Encore faut-il savoir chercher. Et plus on cherche, plus on trouve. En ce moment, je suis en quête de photographes qui osent, qui créent au sens littéral. Les photos qui m’intéressent sont celles qui ne se contentent pas de reproduire la réalité comme moi mais la transforment. Les images les plus décalées, je les ai trouvées assez facilement sur la plateforme de micro-blogging Tumblr. Mais éloignez les enfants, certains portfolios peuvent heurter la sensibilité du public.

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Inspiration photo à portée de clic

photo noir et blanc de rue style epoque pellicule Kodak Tri-X

Trouver l’inspiration dans la rue n’est pas évident pour tout le monde. Parfois, il m’arrive d’être en panne d’idée. À défaut de sujet intéressant et pour éviter de rentrer bredouille, je me rabats sur un style d’image : contre-jours, composition géométrique, flous … Mais j’avoue que ce n’est pas facile tous les jours. Les bonnes idées n’émergent pas comme ça par miracle simplement en observant ce qui se passe et en déclenchant au pif.

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Tony Ray Jones

Au fil de mes quêtes sur Internet et des rappels de ma mémoire, il me revient le nom de Tony Ray Jones, photographe anglais qu’on a aussi appelé le Cartier-Bresson britannique. Cela remonte aux années 70 et plus précisément à ce début de décennie puisque Ray Jones est mort en 1972.
Il lui aura fallu dix ans pour s’imposer comme le « documenteur » de la vie en Angleterre. Sa palette d’activité photographique est large car il s’est immiscé dans toutes les couches de la société. C’est un réflexe français que de distinguer les gens qui nous sont différents. Il faut dire que Ray Jones est très anglais dans son expression photographique.
C’était aussi une époque prolifique en travaux photographiques à thème (pour ma part, je retiendrai en particulier Anders Petersen et son fameux Bistrot d’Hambourg devenu quasiment mythique).
Je conseille donc à celles et ceux que la street photographie et plus, la sociale photographie, intéresse de se pencher sur le cas Tony Ray Jones.
Je joins le vade-mecum qu’il s’était établi et qui lui servait de ligne de conduite et de travail.

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Patrice Cotteau

Chili d’hier et d’aujourd’hui

C’est à une forte exposition que nous invite la Maison de l’Amérique latine à Paris. Elle s’intitule « Faces cachées, photographie chilienne 1980-2015 », jusqu’au 30 avril. Elle regroupe les œuvres de six photographes répartis sur trois générations de chiliens qui ont donc vécu les époques les plus dures qu’ait connu le pays contemporain. Parmi les plus anciens, qui ont connu à la fois le coup d’Etat de 1973 et la poursuite de la politique répressive de Pinochet, c’est l’approche politique de la situation qui est rapportée par les frères Hoppe, Alvaro et Alejandro. A l’évidence, le deuil n’est pas fait de cette triste page de l’histoire du Chili comme continue à le faire vivre le travail de José Pablo Concha qui consiste à imprimer les visages des disparus de la répression sur des carrelages et à les coller sur un mur de Santiago. Cela peut expliquer que parmi les plus jeunes, telle Zaïda Gonzàles Rios qui tente d’exorciser les traces laissées dans la vie des femmes par des photos coloriées à la main ce qui leur donne un air kitch, le mépris pour le monde ecclésiastique confine à la provocation profane. D’autres, de la même génération, se sont sentis investis d’un devoir de mémoire envers les peuples traditionnels du Chili. Ils reconstituent la vie et les coutumes d’anciennes tribus, elles aussi martyrisées par la dictature. Ils entendent faire revivre les racines culturelles d’un pays très divers pour mieux repartir, peut-être, et faire le pont au-dessus de la période honnie. Luis Navarro Vega, qui a découvert des fosses communes et fut emprisonné et torturé, se cache toujours chez les gitans dont il immortalise les rites. Leonora Vicuña consacre ses photos au peuple Mapuche qui sont le peuple de la terre. Finalement, une exposition pas si diverse que cela. L’ensemble est cohérent dans le cadre d’un exorcisme jamais abouti pour le peuple chilien.

Patrice Cotteau

Ugo Mulas, la photographie

Patrice Cotteau a eu la gentillesse d’écrire ces quelques lignes pour le blog Histoires de Photos à propos d’une exposition qui se déroule en ce moment à la Fondation Cartier-Bresson. Il partage ici ses impressions sur le travail d’un artiste italien méconnu en France : Ugo Mulas.

Je vous emmène aujourd’hui dans une expo qui se tient à la Fondation Cartier-Bresson, s’il vous plait !
Intitulée « La photographie », l’expo d’Ugo Mulas, photographe italien (1928-1973), est le résultat du travail d’un photographe d’art. Bien que méconnu en France, Mulas peut être considéré comme un grand observateur et interprète du monde artistique des années 50 et 60. Les agrandissements sont ceux que l’auteur a choisi lui-même pour réaliser une compilation qui lui sert de testament.
On peut considérer ce travail comme étant celui d’un artiste pour artistes. D’abord parce que Mulas a beaucoup photographier les artistes qui lui étaient contemporains : Giaccometti, Warhol, Calder, Duchamp, Rauschenberg, Fontana.
Mulas suggère plus qu’il ne propose. La plupart des photos ont été réalisées sans déranger l’artiste, ce qui a pour résultat de les voir de dos face à leur œuvre et la plupart du temps au départ du travail, soit face à une toile blanche. Mulas n’informe pas, il documente de façon suggestive. Il devance l’œuvre à venir. Pour Mulas, tous les instants sont fugitifs. Ils se valent tous et le moment le moins significatif peut justement être le plus exceptionnel.
Techniquement réalisées au 24×36 et quel que soit le lieu de prise de vue : atelier de peintre ou usine d’artiste sur métal, les prises de vue sont réalisées en lumière ambiante. La composition, du fait même de l’absence fréquente d’esquisse d’œuvre, est très rigoureuse et très épurée. Les épreuves exposées sont tirées gélatino-bromure de 1954 à 1964. Elles sont livrées dans des formats raisonnables entre 24×30 et 30×40 et rarement un peu plus. Ça tombe bien, j’ai horreur de la photo au mètre carré. D’après Mulas, « au photographe revient le devoir d’identifier sa propre réalité, à l’appareil celui de l’enregistrer dans sa totalité. »
C’est donc bien de suggestivité et de rigueur, voire de discipline qu’il s’agit. Une expo qui interpelle sur le signifiant et le signifié.

Patrice Cotteau

Deux expos photo qui secouent

Patrice Cotteau, depuis peu lecteur assidu du blog Histoires de photos, me fait régulièrement l’honneur de partager son expérience de la vie et de la photographie en réagissant à mes billets. Cette fois, il s’est proposé de rédiger un compte rendu de sa visite à l’exposition de deux grands photographes au sein de la fondation Cartier. Proposition que j’ai évidemment acceptée vu le parcours du bonhomme et la qualité de sa plume. De plus, il s’agit de photographes à découvrir absolument.

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Expos photos – Un photographe à découvrir – La lumière dans la photographie noir et blanc

expo photographique cadres photos artistiques

Lille – Expo photo

Je n’ai pas encore vu une seule expo photo cette année. Honte à moi. Par contre, je suis tombé sur un blog Tumblr dont les photos en noir et blanc m’ont littéralement accroché. Je ne connais rien de ce photographe. Apparemment, il n’est pas connu. J’adore son style, son noir et blanc. Les photos sont prises en argentique avec du matériel simple mais de très bonne qualité : Nikon 35 ti et Olympus XA. Il a une façon particulière de capter des endroits anodins et la lumière est bien souvent son sujet principal. Quand je regarde son travail, je me dis que c’est le genre de photos que j’aimerais faire plus souvent. Vous ne trouverez rien d’exceptionnel dans ses images mais il photographie le banal avec style, et j’aime ça.

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