Où sont les bons photographes de rue ?

Je crois que j’exagérais un peu en affirmant qu’un portfolio sur cent seulement exposait des images de rue intéressantes et originales. Ce doit être la frustration qui parlait à ma place. En vérité, je ne fais pas mieux. Il y a quand même de belles choses sur le net. Encore faut-il savoir chercher. Et plus on cherche, plus on trouve. En ce moment, je suis en quête de photographes qui osent, qui créent au sens littéral. Les photos qui m’intéressent sont celles qui ne se contentent pas de reproduire la réalité comme moi mais la transforment. Les images les plus décalées, je les ai trouvées assez facilement sur la plateforme de micro-blogging Tumblr. Mais éloignez les enfants, certains portfolios peuvent heurter la sensibilité du public.

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Inspiration photo à portée de clic

photo noir et blanc de rue style epoque pellicule Kodak Tri-X

Trouver l’inspiration dans la rue n’est pas évident pour tout le monde. Parfois, il m’arrive d’être en panne d’idée. À défaut de sujet intéressant et pour éviter de rentrer bredouille, je me rabats sur un style d’image : contre-jours, composition géométrique, flous … Mais j’avoue que ce n’est pas facile tous les jours. Les bonnes idées n’émergent pas comme ça par miracle simplement en observant ce qui se passe et en déclenchant au pif.

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Tony Ray Jones

Au fil de mes quêtes sur Internet et des rappels de ma mémoire, il me revient le nom de Tony Ray Jones, photographe anglais qu’on a aussi appelé le Cartier-Bresson britannique. Cela remonte aux années 70 et plus précisément à ce début de décennie puisque Ray Jones est mort en 1972.
Il lui aura fallu dix ans pour s’imposer comme le « documenteur » de la vie en Angleterre. Sa palette d’activité photographique est large car il s’est immiscé dans toutes les couches de la société. C’est un réflexe français que de distinguer les gens qui nous sont différents. Il faut dire que Ray Jones est très anglais dans son expression photographique.
C’était aussi une époque prolifique en travaux photographiques à thème (pour ma part, je retiendrai en particulier Anders Petersen et son fameux Bistrot d’Hambourg devenu quasiment mythique).
Je conseille donc à celles et ceux que la street photographie et plus, la sociale photographie, intéresse de se pencher sur le cas Tony Ray Jones.
Je joins le vade-mecum qu’il s’était établi et qui lui servait de ligne de conduite et de travail.

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Patrice Cotteau

Chili d’hier et d’aujourd’hui

C’est à une forte exposition que nous invite la Maison de l’Amérique latine à Paris. Elle s’intitule « Faces cachées, photographie chilienne 1980-2015 », jusqu’au 30 avril. Elle regroupe les œuvres de six photographes répartis sur trois générations de chiliens qui ont donc vécu les époques les plus dures qu’ait connu le pays contemporain. Parmi les plus anciens, qui ont connu à la fois le coup d’Etat de 1973 et la poursuite de la politique répressive de Pinochet, c’est l’approche politique de la situation qui est rapportée par les frères Hoppe, Alvaro et Alejandro. A l’évidence, le deuil n’est pas fait de cette triste page de l’histoire du Chili comme continue à le faire vivre le travail de José Pablo Concha qui consiste à imprimer les visages des disparus de la répression sur des carrelages et à les coller sur un mur de Santiago. Cela peut expliquer que parmi les plus jeunes, telle Zaïda Gonzàles Rios qui tente d’exorciser les traces laissées dans la vie des femmes par des photos coloriées à la main ce qui leur donne un air kitch, le mépris pour le monde ecclésiastique confine à la provocation profane. D’autres, de la même génération, se sont sentis investis d’un devoir de mémoire envers les peuples traditionnels du Chili. Ils reconstituent la vie et les coutumes d’anciennes tribus, elles aussi martyrisées par la dictature. Ils entendent faire revivre les racines culturelles d’un pays très divers pour mieux repartir, peut-être, et faire le pont au-dessus de la période honnie. Luis Navarro Vega, qui a découvert des fosses communes et fut emprisonné et torturé, se cache toujours chez les gitans dont il immortalise les rites. Leonora Vicuña consacre ses photos au peuple Mapuche qui sont le peuple de la terre. Finalement, une exposition pas si diverse que cela. L’ensemble est cohérent dans le cadre d’un exorcisme jamais abouti pour le peuple chilien.

Patrice Cotteau

Ugo Mulas, la photographie

Patrice Cotteau a eu la gentillesse d’écrire ces quelques lignes pour le blog Histoires de Photos à propos d’une exposition qui se déroule en ce moment à la Fondation Cartier-Bresson. Il partage ici ses impressions sur le travail d’un artiste italien méconnu en France : Ugo Mulas.

Je vous emmène aujourd’hui dans une expo qui se tient à la Fondation Cartier-Bresson, s’il vous plait !
Intitulée « La photographie », l’expo d’Ugo Mulas, photographe italien (1928-1973), est le résultat du travail d’un photographe d’art. Bien que méconnu en France, Mulas peut être considéré comme un grand observateur et interprète du monde artistique des années 50 et 60. Les agrandissements sont ceux que l’auteur a choisi lui-même pour réaliser une compilation qui lui sert de testament.
On peut considérer ce travail comme étant celui d’un artiste pour artistes. D’abord parce que Mulas a beaucoup photographier les artistes qui lui étaient contemporains : Giaccometti, Warhol, Calder, Duchamp, Rauschenberg, Fontana.
Mulas suggère plus qu’il ne propose. La plupart des photos ont été réalisées sans déranger l’artiste, ce qui a pour résultat de les voir de dos face à leur œuvre et la plupart du temps au départ du travail, soit face à une toile blanche. Mulas n’informe pas, il documente de façon suggestive. Il devance l’œuvre à venir. Pour Mulas, tous les instants sont fugitifs. Ils se valent tous et le moment le moins significatif peut justement être le plus exceptionnel.
Techniquement réalisées au 24×36 et quel que soit le lieu de prise de vue : atelier de peintre ou usine d’artiste sur métal, les prises de vue sont réalisées en lumière ambiante. La composition, du fait même de l’absence fréquente d’esquisse d’œuvre, est très rigoureuse et très épurée. Les épreuves exposées sont tirées gélatino-bromure de 1954 à 1964. Elles sont livrées dans des formats raisonnables entre 24×30 et 30×40 et rarement un peu plus. Ça tombe bien, j’ai horreur de la photo au mètre carré. D’après Mulas, « au photographe revient le devoir d’identifier sa propre réalité, à l’appareil celui de l’enregistrer dans sa totalité. »
C’est donc bien de suggestivité et de rigueur, voire de discipline qu’il s’agit. Une expo qui interpelle sur le signifiant et le signifié.

Patrice Cotteau

Deux expos photo qui secouent

Patrice Cotteau, depuis peu lecteur assidu du blog Histoires de photos, me fait régulièrement l’honneur de partager son expérience de la vie et de la photographie en réagissant à mes billets. Cette fois, il s’est proposé de rédiger un compte rendu de sa visite à l’exposition de deux grands photographes au sein de la fondation Cartier. Proposition que j’ai évidemment acceptée vu le parcours du bonhomme et la qualité de sa plume. De plus, il s’agit de photographes à découvrir absolument.

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Expos photos – Un photographe à découvrir – La lumière dans la photographie noir et blanc

expo photographique cadres photos artistiques

Lille – Expo photo

Je n’ai pas encore vu une seule expo photo cette année. Honte à moi. Par contre, je suis tombé sur un blog Tumblr dont les photos en noir et blanc m’ont littéralement accroché. Je ne connais rien de ce photographe. Apparemment, il n’est pas connu. J’adore son style, son noir et blanc. Les photos sont prises en argentique avec du matériel simple mais de très bonne qualité : Nikon 35 ti et Olympus XA. Il a une façon particulière de capter des endroits anodins et la lumière est bien souvent son sujet principal. Quand je regarde son travail, je me dis que c’est le genre de photos que j’aimerais faire plus souvent. Vous ne trouverez rien d’exceptionnel dans ses images mais il photographie le banal avec style, et j’aime ça.

À découvrir : Boredrome

Des photographes inspirés et passionnés

exposition de photographies noir et blanc à Lille

Photographie argentique – Pellicule Rollei Retro 100

C’est incroyable la profusion d’images photographiques de qualité que l’on peut voir sur le Net. Je m’en rends compte tous les jours.

Avant l’arrivée d’internet, je pensais que les véritables bons photographes ne courraient pas les rues, mais plutôt les galeries, les maisons d’éditions et les couloirs des magazines. Je pensais que l’on pouvait compter une petite centaine seulement d’auteurs sérieux en France, et autant de photographes reporters dignes de ce nom. J’avais en tête les grands noms de la photographie et les lauréats des prix prestigieux contemporains. Je vois bien maintenant que je me trompais.

Je ne soupçonnais pas que tant de photographes de l’ombre produisaient des images aussi intéressantes. Je ne parle de ces copies faussement stylisées, insipides qui polluent la toile, ni même des photos techniquement bonnes mais sans intérêt, comme j’en produis parfois moi-même. Je fais référence à ces photographes incroyablement imaginatifs et qui ont réellement du talent.

Grâce à internet et aux réseaux sociaux, je découvre des photographes que je n’aurais sans doute jamais pu connaître. Je remercie tous ceux qui diffusent sur Twitter les portfolios remarquables de vrais photographes. Si vous voulez vous extraire des tendances actuelles et voir ce qui se fait dans le milieu des jeunes créateurs, je vous conseille la lecture du magazine Focale Alternative, une édition gratuite, disponible en ligne. Vous y découvrirez des oeuvres originales et des témoignages de photographes inspirés et passionnés.

Bonne lecture.

Rouge : est-ce qu’une couleur peut constituer un thème photographique ?

Canada
J’ai découvert un photographe qui va encore plus loin que moi sur le thème du rouge.

Matthieu Chèneby décline en rouge toute une série d’objets de la vie courante qu’il photographie sur fond rouge. C’est d’ailleurs grâce à l’une de ses photos monochromes étonnantes, en l’occurrence une ampoule peinte en rouge, que le jeune photographe français a été sélectionné pour participer à la « Master Classe » du photographe Oliviero Toscani. Ces séances photo apparemment hors norme sont diffusées tous les soirs pendant cinq jours sur Arte. Ce soir à 19h55, je serai devant mon poste de télévision pour la première émission.

La série « rouge » de Matthieu Chèneby.

Lille en noir et blanc : des photographies volontairement intemporellesJe récidive avec la couleur rouge

Un beau livre photos à offrir

Trièves

Le dernier livre photo de Guillaume Laget est disponible dans toutes les bonnes librairies et à un prix vraiment raisonnable.

Vous cherchez une idée de cadeau pour un amateur de belles photographies de montagne ? Les amoureux des paysages du Vercors et du Dévoluy vont se régaler. Cet ouvrage, tout juste édité, est au prix de 19,90 € seulement.

Plus de détails sur le site de Guillaume Laget.

Des portraits étonnants de vérité : Marcin Kaniewski

Portrait noir et blanc au moyen format

Les portraits de Marcin Kaniewski m’impressionnent par leur simplicité et leur force.

Je suis un modeste photographe, passionné par les photos de James Nachtwey, Raymond Depardon, Saul Leiter et bien d’autres photographes célèbres encore.

Puis, il y a ces photographes amateurs qui savent capter avec intensité les émotions de leurs modèles, et suscitent chez moi une grande admiration. Lire la suite

Les photos touchantes de Mike Peters

 

Mike Peters est certainement l’un de mes photographes préférés dans la sphère de Flickr.

Mike Peters fait parti de ces photographes qui ne trichent pas. Il sait habilement mettre en valeur toute l’humanité des personnages qu’il photographie. Lire la suite

Le format carré moyen d’expression pour les romantiques ?

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Megan in My Front Yard, originally uploaded by Lou O’ Bedlam.

Le format carré n’est pas uniquement réservé à la photographie de mariage.

On peut se montrer très créatif avec le format carré. C’est un média qui oblige à se poser, réfléchir, composer. On est loin du « snapshot » numérique ou le déclenchement au bonheur la chance. C’est tout une philosophie. Lire la suite