Pour le plaisir de pratiquer la photo à l’ancienne

Lomography est présenté comme un univers ludique avec des appareils photos qui ressemblent à des jouets et des pellicules aux couleurs psychédéliques. Ces petites boîtes en plastique ( assez chers à mon sens ) intéressent davantage la génération Z que les boomers mais j’admets qu’elles peuvent être amusantes. De jeunes talents arrivent à faire des choses très créatives avec les produits Lomo. Il suffit de faire un tour sur Instagram avec le hashtag #lomography pour s’en rendre compte.

Moi, ce sont les vieilles mécaniques qui m’attirent, les vieux coucous qui tournent comme des horloges suisses, des appareils sans piles, sans écran et sans intelligence artificielle. J’ai acheté le Franka Solida III et un Zorki 4 sur le site de l’Atelier argentique. Il n’y a aucune électronique dans ces deux boîtiers. L’un fait des photos carrées et l’autre fonctionne comme un Leica, sans en avoir le prestige. On s’amuse tout autant avec ces appareils d’autrefois qu’avec la boîte à sardine de chez Lomography. Manipuler un folding moyen format ou un 35 mm télémétrique du temps jadis fait aussi partie du jeu, un plaisir indéfinissable qui donne le sentiment de faire de la vraie photo. Mais en toute honnêteté, les résultats sont parfois hasardeux et cela nous fait sourire quand une superposition inattendue se produit. Une fois la frustration passée d’avoir raté la prise de vue, on a envie de faire croire aux autres que l’effet magique était voulu. Nous sommes des artistes après tout.

Zorki 4

Je remarque souvent la même chose pendant les mariages quand je photographie avec mon Canon EOS 3. Si j’explique aux invités que je réalise des photos en noir et blanc argentique, ils s’en fichent éperdument. Trop moderne pour certains, le reflex ressemble de près à un vulgaire numérique. Mais quand je sors une boîte noire en métal et que je penche la tête en avant pour viser, les réactions sont tout autres. C’est l’effet rétro garanti. Le gars fait des photos à la Doisneau. Cela change tout. Les mariés se sont offert des souvenirs du mariage sur pellicule noir et blanc. Les photos sont prises au Rolleiflex, objet fétiche de l’artisan photographe que je suis. Mais dorénavant, un nouveau 6×6 ( ou je devrais dire un ancêtre supplémentaire ) fait son apparition dans mon sac photo. Le Franka Solida III va m’aider à produire des images qui je l’espère resteront dans les familles durant plusieurs générations, à condition de bien conserver les tirages. J’ai fait une brève introduction de cet appareil photo à soufflet mais il mérite d’être détaillé. Il m’ été très utile en soirée lorsque je devais photographier dans une salle sombre. En tout cas, je lui promets un bel avenir au sein de la team argentique pro, entre le Nikon FM2n, le Rolleiflex et l’EOS 3.

Zorki 4

Le Zorki 4 est plutôt un appareil photo dédié aux projets personnels. Avec lui, ce sera pour produire des photos dans la rue notamment, à l’instar de l’EOS 33 qui fait figure de gros reflex à côté. Le Zorki 4 est un télémétrique basique, agréable à utiliser, avec un bon viseur. J’ai failli le retourner au vendeur parce qu’il ne se charge pas aussi rapidement qu’un Nikon FM ou un Minolta X700 par exemple. Le film doit être pincé dans une fente de la bobine réceptrice amovible, peu pratique et peu précise dans l’alignement. Mes premiers essais étaient laborieux et le film était exposé de travers. Du coup, j’avais peur d’être ralenti en session reportage mais c’était une erreur de jugement. Si un client demande une prestation à l’ancienne, il doit accepter les contraintes de la prise de vue argentique de l’époque. Donc, si je suis amené à photographier un autre événement avec des appareils rétros, je prendrai le Zorki. Mes devis sont toujours présentés avec un nombre d’images limité, je ferai en sorte d’alerter le client sur l’impossibilité de photographier en continu et sans interruption comme en numérique. Même en ayant deux ou trois boîtiers avec moi, il faut pouvoir prendre le temps de changer de bobine.

Zorki 4

Je choisis mes appareils pour le plaisir de pratiquer la photo à l’ancienne, sans prise de tête, sans chichi. Certains modèles des années 50/60 sont aussi ludiques que les produits de chez Lomography. Pas de mise au point automatique, pas de motorisation pour l’avancement du film et pas de mesure de la lumière sur certains boîtiers. Les opérations sont réduites à l’essentiel. Lorsque j’entends le doux déclic d’un télémétrique, c’est déjà un petit bonheur. Merci JP.

Les auteurs photographes utilisent aussi de la pellicule. Allez voir un peu le compte Instagram de @romannramshorn

Photographie à l'ancienne. Noir et blanc argentique à Lille avec un Moye Format argentique allemand. 6x6 Franka Solida III.

2 commentaires sur “Pour le plaisir de pratiquer la photo à l’ancienne

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  1. Bonjour Fred, excellent article. Comme quoi un appareil photo est juste un outil. Même les plus grands photographes alternent entre différents matériels selon leurs projets. Qu’importe le matériel seule l’image compte. A très bientôt

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