Photographies à l’ancienne et noir et blanc avec un hybride

Photographier avec une pellicule est devenu un loisir relativement coûteux. Les meilleurs films se vendent actuellement entre 7 et 13 euros et Kodak annonce, comme chaque année, une hausse de prix importante. Les passionnés de photographie à l’ancienne vont être encore plus sélectifs dans le choix des sujets. Le plaisir de pratiquer la photo argentique est déjà gâché quand seulement 5 ou 6 vues semblent potables à la sortie de la cuve. Si on veut continuer à photographier avec de la Tri-X, il vaut mieux assurer le coup et rester vigilant, de la prise de vue au développement. La moindre erreur coûte très cher dorénavant. Je comprends que le photographe amateur, passionné par le noir et blanc classique, puisse abandonner le bon vieux Canon AE1 au profit d’un hybride Fuji ou Olympus. Avec un hybride, les mauvaises prises sont rapidement effacées et vite oubliées. Le traitement monochrome est immédiat et plaisant. Vous n’avez même plus besoin de passer par un logiciel de retouche.

Photographies à l'ancienne en noir et blanc obtenues à partir d'une pellicule Rollei. Vue rue de Lille. Photographe argentique Lille.

Quand une personne me montre des fichiers numériques édités en monochrome avec un hybride, je m’abstiens de tout commentaire. La ressemblance avec une photo argentique est souvent discutable. Par contre, la qualité d’image est indéniable. Le X100f, comme le X-pro 2, produisent des images excellentes en terme de rendu monochrome. Autrefois, j’aurais certainement mis mon grain de sel et critiqué ceux qui prétendent faire la photo à l’ancienne avec un hybride. Lorsque l’on m’interpelle par rapport à mon matériel photo, je n’argumente plus sur les raisons qui me font choisir la pellicule en 2021, ni sur les joies du processus argentique. La pellicule ne fait pas le poids face aux nouveaux processeurs. Il y a quelques années, je n’hésitais pas à fanfaronner avec mon matériel argentique mais tout le monde s’en fichait. Aujourd’hui, je fais profil bas. Si un petit malin me questionne, je réponds que oui je fais un peu de noir et blanc à l’ancienne mais basta.

photo argentique de rue Rollei RPX 25

Les plus de cinquante ans sont des enquiquineurs. Parce qu’ils ont connu l’argentique, ils ne veulent plus revenir en arrière et vous le font savoir. Ce sont eux qui le plus souvent me barbent avec leur hybride lors des mariages. Je suis régulièrement en concurrence avec un vieil oncle de la mariée qui m’explique les avantages de son petit bijoux technologique et me vante la qualité du sépia. C’est comme autrefois mais en mieux. Les mariés vont adorer. Avec le Canon Eos 3 et le Nikon F100, je pouvais encore passer inaperçu parce qu’ils s’apparentent à des reflex numériques. Je n’éveillais pas les soupçons. Seul le changement de film me trahissait. Mais si j’ai le malheur d’apporter le Nikon FM2n ou le Rolleiflex, les technophiles convaincus ne peuvent s’empêcher de me montrer la supériorité de leur matériel. Je ne suis pas contre les nouvelles technologies, d’ailleurs je travaille avec des reflex numériques depuis longtemps et maintenant, je m’intéresse de près au Canon EOS R6. Mais j’en ai assez des rabat-joie.

Je ne suis pas très optimiste quant à l’avenir de l’argentique. Les hausses de prix successives vont finir par tuer la photographie à l’ancienne définitivement. C’est peut-être l’objectif de la maison Kodak. De moins en moins de photographes pourront se permettre de dépenser autant pour une bobine. Le marché va se rétrécir comme peau de chagrin. Les sorties photo avec l’EOS 33 et un film noir et blanc se font de plus en plus rares, c’est un signe. Des alternatives existent comme la Fomapan, la Rollei ou la Kentmere mais pour combien de temps encore ? Je me pose des questions par rapport à mon activité. Parfois, je me demande si cela en vaut encore la peine de dépenser 200 euros de pellicules pour une presta mariage alors qu’un Fuji X-T4 fera tout aussi bien, voire mieux. Je peux vous sembler pessimiste mais le constat est là. Les clients sont de moins en moins réceptifs au noir et blanc sur papier Baryté surtout quand on leur parle tarif. Bientôt, il n’y aura plus que les artistes pour pratiquer la photographie à l’ancienne.

2 commentaires sur « Photographies à l’ancienne et noir et blanc avec un hybride »

  1. Je ne connais pas le monde professionnel, donc je n’en parlerai pas ; Reste que pour l’amateur l’argentique devient effectivement une rente. Et dès lors, que faire ? Se lamenter n’amène à rien, renoncer est un crève-cœur, alors pourquoi ne pas prendre cela comme un plaisir de fin gourmet ? On ne va pas acheter une forêt noire tous le jours chez le pâtissier (ce serait une routine ruineuse et écœurante), on réserve cet achat pour de grandes occasions ; alors pourquoi ne pas faire de même pour la photo argentique ?
    Avoir une idée, la retourner dans sa tête, en faire un projet, tout modeste ou ambitieux cela ne change rien, et puis se dire : « c’est bon, je suis prêt, ça vaut la dépense d’une péloche ».
    Et puis soyons optimistes : plus les consommables deviennent chers, plus les néo-argenteux de la dernière heure se lasseront d’acheter des boîtiers hors de prix sur E*y ou autres et les collectionneurs retrouveront du matériel intéressant à prix raisonnable. On peut toujours rêver.
    Amistat.

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