Retour sur la belle époque de la couleur argentique

On achetait ses pellicules dans les boutiques de photographes de quartier et dans les grandes surfaces. Le choix était vaste. Les célèbres marques Kodak, FujiFilm, Agfa proposaient une grande diversité d’émulsions. On choisissait en fonction de ses goûts et de son budget. J’ai adoré la Kodak 200 UC pour ses couleurs soutenues mais cette référence n’a pas vécu très longtemps. Heureusement, il nous reste encore la Kodak Portra, la Kodak Ektar 100 et la Fuji Pro 400H. L’offre est plus restreinte en 2018 mais il reste encore quelques pellicules intéressantes à essayer.

Finalement, je trouve que le processus photographique était plus simple à l’époque de l’argentique par rapport à auourd’hui. Quand on faisait tirer ses photos sur papier, on ne revenait pas en arrière. Les photos étaient bonnes ou ratées. La qualité des couleurs était due à la spécificité du film et dans une moindre mesure au calibrage de la machine. Si le film était bien exposé, on n’avait pas besoin de retoucher les couleurs, du moins pas au niveau amateur. La colorimétrie, en dehors du monde professionnel, n’était pas toujours très juste et les teintes couleur chair pas toujours respectées. Mais on s’en contentait.

Les couleurs du 5D semblent bien fades comparées aux couleurs de la Kodak 200UC. Les images numériques ont besoin d’être dopées informatiquement. C’est comme ça. Une grande majorité de photographes débutants se lance dans le traitement d’images par le biais de logiciels gratuits pour améliorer les images avant même de savoir prendre une photo. Il faudrait commencer par apprendre les bases de la photographie avant de s’attaquer à la retouche. Ce ne sont pas les effets vintages qui vous sauvent une image. La toile est envahie de tutoriels expliquant comment booster, arranger, sublimer artificiellement les couleurs dans des proportions plus ou moins réalistes. Je reconnais que les outils actuels et les possibilités créatives offertes par le format RAW nous poussent à améliorer toujours plus l’esthétique de l’image.

La balance des couleurs est un perpétuel souci pour le photographe. Les fabricants d’accessoires l’ont bien compris en créant constamment de nouvelles solutions pour contrer les erreurs du boîtier. Ezy balance et ExpoDisc en sont la preuve. Dorénavant, un bon photographe est celui qui sait manipuler les images et les couleurs en post-production. Il faut admettre que les photographes amateurs d’aujourd’hui sont plus avertis et donc plus exigeants que nous l’étions dans les années 80 – 90. Ils sont aussi devenus des experts de la retouche. Quand on voit l’inventivité de certains et la qualité des images produites, on se place davantage dans la catégorie pro même si parfois cela ressemble plus aux effets spéciaux du cinéma.

Ici, j’ai tout simplement numérisé le film sans passer par la retouche. On voit bien que les couleurs natives sont denses, peut-être trop pour un œil habitué au numérique. Les pellicules Kodak grand public, comme la Kodak Gold, étaient réputées pour leurs couleurs flatteuses et chaudes. Mais tous les films couleurs ne donnaient pas la même saturation. Certains se montraient plus neutres que d’autres. Ce qui est bien avec l’argentique, c’est que chaque pellicule possède sa propre température de couleur. La plupart des films sont équilibrés pour une lumière du jour à 5500 Kelvin. On rencontrait moins les problèmes de balance des blancs actuels causés par le numérique. La Fuji Superia me plaisait aussi malgré une dominante verte gênante. Dans la gamme, j’utilisais souvent la Fuji X-Tra 400, un film très polyvalent dont les couleurs pouvaient être renforcées grâce à une légère sous exposition en plein soleil.

Encore aujourd’hui et malgré les prouesses du numérique sur le plan de la créativité, j’apprécie les couleurs des pellicules argentiques. Il m’arrive de faire revivre quelques couleurs sur pellicule grâce à la numérisation. Les pellicules couleurs peuvent toujours être numérisées des années après leur développement à condition de les avoir stockées bien à plat dans un endroit à l’abri de l’humidité et de la chaleur.

Une réaction sur “Retour sur la belle époque de la couleur argentique

  1. Aaaah le bon vieux temps. Mais c’est vrai, une photo est faite au moment ou on appuie sur le déclencheur. Pas sur ordinateur. C’est triste de voir que c’est devenu ‘normal’ de créer la photo dans Lightroom.

    Cadrage, balance des couleurs, lumière…. tout ça se fait artificiellement de nos jours. C’est pas comme ça que la photographie devrait fonctionner…. mais bon, c’est l’avis d’un ‘vieux’ qui utilise toujours exclusivement du film….

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