Les appareils photo sans miroir : le graal

Boîtier Canon EOS 3 argentique avec miroir et pellicule Kodak

Les boîtiers sans miroir commencent à attirer beaucoup de photographes professionnels.

Les témoignages de photographes qui ont décidé d’abandonner le système reflex pour les appareils sans miroir se multiplient. Si j’en crois les billets des technophiles, les appareils photo sans miroir ( mirrorless ) représenteraient l’avenir. Ces boîtiers ultra performants gagnent en compacité et offrent de nouvelles possibilités pour le photographe exigeant. Personnellement, je ne les ai jamais testés. Mais je veux bien croire que les appareils photo sans miroir apportent des avantages en termes de confort et d’efficacité. Cependant, il ne faut pas non plus claquer la porte aux marques traditionnelles qui produisent des reflex sous prétexte qu’il existe sur le marché une technologie innovante.

Certains photographes sont carrément furieux contre la marque Canon. Ils ne sont pas déçus de leur propre matériel. Ils reprochent aux fabricants de ne pas se montrer aussi audacieux que la concurrence et de ne pas aller plus loin dans la recherche et développement. S’agit-il de jalousie ? Je n’en sais rien. J’ai lu des propos très durs contre les marques traditionnelles par des photographes pourtant fidèles depuis de longues années. Les nouvelles expériences d’utilisation qu’offrent les appareils sans miroir font tourner la tête à plus d’un professionnel. Les arguments sont le poids, l’encombrement, le silence, la visée et l’autofocus. On touche au cœur des préoccupations du photographe pro. Je suis curieux de voir comment fonctionne un appareil photo sans miroir. Si un représentant me proposait une semaine test avec un appareil sans miroir, je ne dirai pas non. Mais je ne mettrai pas au rebut tout mon matériel photo argentique ou numérique parce que Sony ou une autre entité créent des produits innovants. Les clients ne m’ont jamais reproché mes images réalisées avec un Canon EOS 3 ( argentique ) ou avec le Canon EOS 5D première génération.

On lit aussi des âneries sur le net, toujours en rapport avec les appareils photo sans miroir. Des blogueurs parlent des hybrides sans miroir comme la technologie du futur et classent les reflex numériques dans la catégorie équipement du passé au même titre que l’argentique. Ils ne savent certainement pas que les appareils photo sans miroir existaient déjà dans les années 30 et même avant. La taille d’un Leica M6, la discrétion du déclenchement, la visée plus large que sur un reflex ont depuis Cartier Bresson séduit des milliers et des milliers de passionnés de matériel d’excellence. On les appelle les télémétriques.

6 réactions sur “Les appareils photo sans miroir : le graal

  1. C’est bien vrai qu’il y a eu les télémétriques comme alternative aux reflex. C’est d’ailleurs le domaine de prédilection de Leica. La problématique des télémétriques est la parallaxe, problème qu’ils sont parvenus à régler dans le viseur.
    L’avantage du reflex ? Voir par l’objectif. Avec un viseur cadrant à 100% on voit exactement ce qu’il y aura sur la photo. La mesure de la lumière se fait également par l’objectif.
    Inconvénients du reflex ? Un bloc de prismes et de verre qui alourdit le boitier, un miroir qui se relève au moment du déclenchement et qui provoque bruit et vibration.
    Canon a beaucoup innové pour pallier les défauts du reflex en réduisant le bruit et en amortissant le miroir pour limiter les vibrations. Il y a eu en particulier le Canon 1N-RS : un reflex avec miroir fixe semi-transparent. N’ayant plus à relever le miroir, la vitesse de prises de vue pouvait atteindre 10 vues par seconde (10 fps) ! « The world’s fastest AF SLR camera with a continuous shooting speed of 10 fps at the time ».
    http://global.canon/en/c-museum/product/film177.html
    Il est certain que la technologie sans miroir avance à grands pas avec l’amélioration constante des viseurs électroniques. La qualité d’image est remarquable avec des montées en iso de très grande qualité. Les boitiers sans miroir de chez Fuji sont remarquables avec un capteur original donnant des fichiers de très grande qualité dès la sortie du boitier. L’avantage est de voir directement dans le viseur l’impact de nos réglages. Le X-Pro2 pousse le plaisir jusqu’à avoir un viseur mixte optique et électronique positionné sur la gauche du boitier. Vitesse et discrétion de déclenchement, au choix visée plus large qu’un reflex permettant de voir en dehors du cadre et d’anticiper ou visée exacte de l’image que l’on obtiendra, taille d’un Leica M6 et look d’un Télémétrique. Simulation de films Fuji (Acros 100 en N&B).
    Pour un pro, les boitiers sont maintenant tropicalisés et équipés des avancées dernier cri en matière de communication (wifi, geotagging, transfert de données, pilotage du boitier à distance au moyen d’apps smartphones). Sony a sorti il y a maintenant quelques années un sans miroir plein format.
    Et j’adore toujours l’expérience argentique : charger la pellicule, mesurer la lumière, prérégler vitesse et ouverture pour shooter au débotté, prendre son temps aussi pour cadrer et faire les choix de couple vitesse/ouverture. Télémétrique à objectif fixe, ou à objectif interchangeable, reflex 24×36, sans cellule, avec cellule incorporée, et la magie du moyen format.
    Là où je n’accroche pas trop, c’est la photo au smartphone.

    • Je te remercie Olivier pour ton éclairage sur le matériel photo présent, passé et futur. En te lisant, on note tout de suite ton expertise et ton point de vue affirmé. En tout cas, c’est très sympa de venir enrichir le blog.

      • Merci Fred. Pour le point de vue affirmé, je ne sais pas… 😉 J’espère savoir rester ouvert et savoir écouter.
        A ce sujet, Patrice a tout à fait raison quant à l’atout que représente le poids de l’appareil et de son objectif. Ca nous permet de faire des photos nettes sans avoir de stabilisation par exemple (cf ton post dernièrement, Fred, à ce sujet).

  2. Tout à fait d’accord avec Olivier. L’avenir technologique des boitiers doit-il être le sans miroir, comme les bagnoles devenir électriques ? Les fabricants sont là face à un dilemme. Le choix se fera sur les achats, donc la rentabilité d’un système.
    Les viseurs semblent apporter toute satisfaction, sauf à transformer le viseur en tableau de bord d’Airbus… D’autre part, il ne faut pas perdre de vue que le poids du matériel à un atout : sa stabilité. Plus petits, plus légers, les boitiers n’en sont pas forcément plus appréciés. Enfin, l’avenir proche nous dira ce qu’ont choisi les fabricants (à leur avantage) et nous n’aurons qu’à suivre (sinon nous serions des crétins, CQFD !).

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