Pellicules couleurs et tour du monde

On me pose beaucoup de questions par rapport aux films argentiques.

Les gens pensent que j’ai réponse à tout sous prétexte que le blog Histoires de photos traite de photographie argentique. Il ne faut pas oublier que je ne suis qu’un utilisateur et pas un expert ès labo. Certes, l’expérience est là. 25 ans de pratique me donnent une toute petite légitimité pour en parler mais je ne peux pas résoudre les problèmes de chacun. Dernièrement, on me demandait quelle pellicule choisir pour un voyage dans je ne sais quel pays latin. Pourquoi faudrait-il avoir une réponse technique à ce genre de problème ? Ne serait-il pas plus judicieux de laisser exprimer ses envies ? Qu’est ce qui compte le plus pour vous : des images propres et réalistes en termes de couleurs ou au contraire un style pictorialiste ? Moi je ne sais pas. Au lieu de chercher des réponses techniques, regardez ce qui vous plaît dans les images des autres, fouillez les groupes Flickr par catégorie de film s’il faut mais n’attendez pas la solution miracle ici. Le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est d’expérimenter vous-même plusieurs films à partir d’une sélection de films qui vous plaisent pour leur rendu. De toute manière, il est impératif de faire quelques essais avant de partir pour l’Argentine ou les Philippines. À quoi servent les conseils d’un expert sur le choix d’un film si on n’apprécie pas le résultat ?

quelle-pellicule-couleur-voyage-soleil

C’est vrai, il y a des pellicules plus délicates que d’autres à exposer. C’est vrai aussi qu’il faut pouvoir comprendre l’intérêt des différentes sensibilités. Mais si ce sont celles qui justement vous ont attiré au travers des exemples glanés sur le net, pourquoi se rabattre sur un film dont le rendu vous plaît moyennement ? Ensuite, ces histoires de réciprocité et de filtres, il ne faut pas trop s’en inquiéter. Si on ne pousse pas le négatif dans ses retranchements et si on reste dans une utilisation standard et raisonnable, la question des propriétés physiques ne se pose pas. Je ne pense pas que l’on veuille partir au bout du monde et se prêter à des expérimentations hasardeuses. L’idéal serait, lorsque l’on se prépare à faire le tour du monde muni d’un reflex 24 x 36 et d’un lot de films argentiques, de s’entraîner suffisamment longtemps avant pour pouvoir se faire sa propre idée. Trop de personnes pensent que des conseils avisés suffisent pour assurer le coup et ne font pas l’effort de goûter par eux-mêmes ou de tester le produit.

Plusieurs fois, j’ai été déçu par un film argentique alors qu’il semblait me convenir au vu des expériences d’autres photographes. Je ne remets pas en cause les qualités de telle ou telle émulsion. Je n’ai tout simplement pas su bien les exploiter ou ne les ai pas suffisamment testées. Il ne faut pas accuser le matériel ou le support si on ne parvient pas à sortir une bonne image. Dans la plupart des cas, le photographe est responsable. J’en ai fait les frais récemment avec du film Ilford HP5. J’ai commis des erreurs de prise de vue qui ont eu une incidence sur le développement du film. D’où l’intérêt de bien connaître le support mais aussi son matériel. L’important n’est pas de choisir le meilleur outil mais de savoir ce que l’on en fait. Si je pouvais effectuer un tour du monde, évidemment, je prendrais avec moi un boîtier argentique, deux objectifs et je choisirais deux ou trois films. Il y a des chances que mon choix se porterait sur une Portra 400 ISO pour la couleur et sur une Tri-X pour le noir et blanc Mais cela reste un choix personnel qui ne sera pas forcément pertinent pour tout le monde.

J’avais déjà mentionné la Kodak Ektar. Cette pellicule aux couleurs intenses et au grain ultra-fin m’a séduit immédiatement. Mais très vite, je me suis aussi rendu compte de la précision qu’il fallait apporter quant à la mesure de la lumière. La Kodak Ektar n’apprécie pas trop les écarts d’exposition. Les Fuji Superia et Kodak Color sont très pratiques à utiliser en toutes circonstances mais elles ne satisferont peut-être pas tout le monde à cause de leurs couleurs très spécifiques trop typées et leur aspect granuleux. L’Agfa Vista m’avait plu chez un photographe asiatique mais je n’ai jamais vraiment su obtenir un rendu qui me convenait. Quant à la Kodak Portra, vous êtes nombreux à l’apprécier. Vous avez certainement vu des images sublimes prises avec cette pellicule. Mais ces couleurs et contrastes magnifiques sont le résultat d’un savoir faire. La qualité de vos images ne sera pas obligatoirement au rendez-vous parce que vous avez de la Kodak Portra dans le Nikon FM.

En général, les photographes blogueurs répondent avec plaisir aux questions des lecteurs. Mais il ne faut pas attendre de leur part des solutions miracles. Vous devez vous investir un peu et découvrir par vous-même le support ou le matériel qui vous intéresse et ne pas vous reposer sur un avis extérieur. Expérimenter par soi-même est le meilleur moyen de parvenir à ses fins.

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