Portrait noir et blanc argentique : le retour du 85 mm F/1.8

Les portraits en noir et blanc argentique présents dans mon portfolio et sur le blog Histoires de photos sont réalisés avec des reflex CANON et des objectifs autofocus. Lors des dernières commandes, j’ai utilisé des focales fixes et principalement le CANON EF 85 mm F/1.8 USM.

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Si comme moi, vous aimez la photographie de portrait, alors vous avez certainement un objectif de prédilection. Comme chacun sait, les focales fixes offrent globalement une belle qualité d’image. Elles ne sont pas seulement efficaces, elles sont aussi formatrices. Elles nous obligent à trouver la bonne distance avec le sujet. Je n’affirmerais pas que telle ou telle focale soit plus adaptée qu’une autre au portrait. Le matériel est une affaire de goût. Les besoins et les attentes sont différents d’un photographe à l’autre. Certains photographes ne jurent que par le 105 mm, d’autres mettent le populaire 135 mm sur un piédestal. En argentique, rien n’interdit de vous éclater avec un beau 50 mm comme unique objectif pour le portrait ou même un 35 mm lumineux. Les heureux possesseurs d’un Nikon FM, Canon AE1, Olympus OM2n, Pentax K1000 ou Minolta X700 ont accès aujourd’hui à une belle gamme d’objectifs fixes pour le prix d’une carte mémoire de 64 Go. Ce serait dommage de s’en priver.

En ce qui me concerne, c’est le 85 mm F/1.8 qui me convient. Je ne parle pas de sa qualité optique mais de la distance que cette focale induit entre le sujet et le photographe. Avec le 85 mm, on peut continuer à dialoguer avec la personne que l’on photographie. Les télé-objectifs sont très bien mais au delà du 135 mm, on est obligé de s’éloigner. Et surtout, ils sont encombrants. Compact et léger, le 85 mm peut se caser facilement dans un sac photo de taille moyenne. Il était devenu un outil incontournable dans les années 2000. J’avais eu la mauvaise idée de m’en séparer au profit d’un 70-200 F/4 L que j’utilisais rarement à cause de ses dimensions et de son poids. Le 85 mm a du coup refait son apparition dans mon équipement et me sert à nouveau lors de chaque séance portrait.

N’allez pas croire que je veuille vous inciter à acheter du matériel. Je partage simplement un retour d’expérience. Pendant une décennie, j’ai fonctionné avec le même matériel photo sans jamais me plaindre de son efficacité. Quand mes photos étaient ratées, je m’en prenais à moi-même. Tout s’est détérioré quand le numérique est apparu.

En 2003 ( l’année de mes débuts en numérique ), j’étais heureux de constater que les reflex numériques Canon acceptaient les objectifs standards des derniers reflex argentiques autofocus. Du coup, les 28, 35, 50 et 85 mm qui équipaient les EOS 3 et EOS 30 ont dans un premier temps bien servi. Puis je ne sais pas ce qui m’a pris. Les plaidoyers pour les zooms conçus spécialement pour le numérique m’ont converti au 17-40 et 70-200 de la gamme L. Je me suis empressé de virer les grands angles qui perdaient de leur intérêt sur un format APS-C, ainsi que le 85 mm. C’était une belle erreur.

L’arrivée du numérique dans mon sac photo a bouleversé ma façon de travailler la prise de vue. Je n’étais jamais pleinement satisfait de mon travail. Il y avait constamment des défauts qui me dérangeaient malgré les performances des deux zooms. Certes, les zooms que j’avais choisis allaient pouvoir couvrir la totalité des plages focales dont j’avais besoin. Mon calcul était simple : le 17-40 F/4 L faisait à lui seul le travail de quatre objectifs ( 20 mm, 24 mm, 28 mm et 35 mm ). J’étais forcément gagnant. De plus, les magazines spécialisés garantissaient une haute qualité d’image avec ce genre d’objectif sur les EOS 10D, 30D puis 40D que j’ai successivement utilisés. J’étais emballé et plusieurs années après ces deux zooms m’ont apporté satisfaction d’un point de vue qualitatif. Mais en me privant de ces focales fixes, j’ai perdu une chose essentielle : la notion de distance.

Je ne cadrais plus de la même manière. Je l’ai compris bien plus tard. J’étais moins efficace alors que les zooms devaient justement m’aider. Quand j’étais trop loin ou trop prés, je zoomais ou repassais au grand angle, au lieu de me placer à la bonne distance. Dans certains cas, mes cadrages n’étaient pas pertinents. Je n’aurais pas dû me délester des focales fixes. Les images étaient moins bonnes. C’est surtout en argentique que j’ai senti la différence. Finalement, j’ai décidé de faire marche arrière en reconstituant un parc d’objectifs principalement composés de focales fixes, comme avant l’arrivée des pixels. Depuis mon retour aux focales fixes, tout est rentré dans l’ordre. Les portraits en noir et blanc argentique sont bien meilleurs avec le 85 mm.

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