Nouveau scan Kodak TMAX : le chaos de la rue

Les négatifs Kodak TMAX 400 utilisés lors des événements de rue de cet été sont enfin numérisés. La numérisation n’a posé aucun problème. Ce n’est pas toujours le cas. Il m’arrive encore de faire des erreurs ou d’exagérer une sous-exposition. Cette fois, l’exposition du négatif était correcte, la netteté aussi. En fait, je n’avais pris aucun risque. La lumière était magnifique et constante pendant toute la durée du festival. Du coup, les réglages étaient bloqués sur un couple F/16 – 1/500 et la mise au point calée sur l’hyper focale. Sur le plan technique, j’ai choisi la facilité. Par contre, d’un point de vue cadrage et composition, on ne peut pas en dire autant.

La photographie de rue est parfois chaotique

Choisir un cadre lorsqu’on est confronté au chaos de la rue, ce n’est pas de la tarte. Vous en avez certainement déjà fait l’expérience. S’il vous arrive de photographier au milieu de la foule, vous avez pu en mesurer la difficulté. Cet été, j’ai voulu me confronter au désordre de la rue. J’ai essayé de m’infiltrer au cœur de la foule avec le grand angle. J’ai fait plusieurs tentatives de cadrages avec des sujets sympas et originaux mais j’ai eu beaucoup de mal à me décider. Tout va très vite. Cadrer un sujet isolé en mouvement, c’est relativement facile avec un peu de pratique. Mais photographier le chaos de la foule et faire en sorte que tout soit bien en place dans le cadre, alors on peut parler de défi. À moins d’être un sacré chanceux, en général, une seule prise ne suffit pas. Dans le viseur, on se rend compte que l’endroit choisi n’est pas le meilleur. On bouge afin de trouver l’emplacement idéal. Et quand on pense tenir un point de vue intéressant, plus rien ne fonctionne : les éléments s’entre-choquent et la lisibilité de l’image en pâtit. Ce genre d’exercice doit être répété souvent avant d’obtenir une composition qui tienne la route. Rien n’est plus frustrant pour un photographe de rue que de louper une scène unique à cause d’un intrus venant gâcher son premier plan. Ici, j’ai eu beaucoup de chance que personne ne fasse irruption devant l’objectif à ce moment précis. J’adore être au contact de mon sujet. J’utilise systématiquement le 35 mm à courte distance. Mais on m’a si souvent bousculé pendant cette parade que j’ai fini par prendre du recul.

photo de rue chaos noir et blanc tri-x

Sinon, il faut savoir aussi se montrer patient, garder l’œil dans le viseur et attendre le bon moment. Une fois les éléments en place, il vaut mieux prendre une décision rapidement et ne pas attendre que l’instant nous échappe. La moindre hésitation et c’est un loupé. J’ai rarement eu la chance de faire mouche du premier coup dans ce genre de situation. Même les plus grands ne peuvent prétendre être efficaces à chaque fois. C’est la raison pour laquelle, je ne m’y risque pas souvent. Je préfère minimiser le nombre de déchets sur le négatif. J’enrage quand sur une seule bande d’un négatif, je dois bannir trois ou quatre vues d’affilée à cause d’une mauvaise composition. Si j’ai le moindre doute, je ne déclenche pas. Je n’ai pas l’intention de m’obstiner au même endroit pendant des heures et de dérouler de la pellicule pour rien. Je préfère bouger en continu et passer à un autre sujet. Je pense que si je m’investissais à nouveau dans la photo de rue en argentique, j’essaierais de travailler plus souvent sur le thème du « désordre ordonné » de la rue. C’est une approche très différente du thème ombres et lumières que j’affectionne dans la photo de rue.

En attendant, je dois retourner dans mon petit labo numérique. D’autres photographes de rue attendent leurs scans.

3 réflexions sur “Nouveau scan Kodak TMAX : le chaos de la rue

  1. Je crois, Fred, que la photo de rue c’est d’abord ce que l’on n’attend pas (au point de vue du résultat). Il y a de la chance, de l’aléatoire, du hasard là-dedans. Il y a les séries qu’il est plus facile de programmer et donc de réussir car on abandonne le reste et puis l’imprévu et là, c’est l’aventure… Les règles et priorités (cadrage, composition, mise au point, exposition) sont un peu bousculées; Dans la photo de rue, on est dans l’intuitif, le feeling, le sauvage ! Chacun y trouve ce qu’il veut. Cela peut être frustrant de se faire bousculer de la sorte. En un mot : c’est spécial !

  2. Pingback: Leica M monochrome ou Kodak TMAX ? | Histoires de photos

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