Photographie de rue : pensez à cadrer large

Les puristes vous diront que la photo de rue se pratique avec des focales courtes, qu’il faut se rapprocher au plus près des victimes jusqu’à sentir leur haleine. Je suis de moins en moins d’accord avec ce principe. J’aime beaucoup aller au contact avec un 35 mm ( monté sur un reflex 24 x 36, il va sans dire ). Les photos percutent beaucoup plus. Mais la street peut aussi être appréciée avec un peu plus de distance. La photo agressive qui consiste à pénétrer l’espace vital des gens m’attire beaucoup moins qu’autrefois. Tout le monde s’est engouffré dans ce sport. Lorsque dans un moment d’égarement, je me remets à photographier les passants, j’ai tendance à prendre du recul. Oui alors mes photos peuvent paraître pépères mais elles correspondent mieux à mon tempérament aujourd’hui. Par contre, les longues focales ne me conviennent absolument pas dans la rue. La limite acceptable, en ce qui me concerne, se situe au 50 mm.
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J’ai pris cette photo au 50 mm. Mon premier réflexe fut de m’avancer vers les banc. Je me suis stoppé assez loin pour pouvoir fermer le cadre de part et d’autre en m’appuyant sur les troncs d’arbres. Avant, j’aurais certainement cherché à me placer à moins de deux mètres du personnage sur le banc. Là, je me suis reculé afin d’aérer mon cadre. Je ne sais pas si la photo aurait été meilleure en étant plus proche. Ce que je veux aujourd’hui, c’est installer une action dans un cadre même si je dois perdre en dynamique. Lire la suite

Leica M monochrome ou Kodak TMAX ?

J’essaie de prendre le temps de lire des blogs de photographes. Ce n’est pas bon de rester centré sur soi-même. Il faut savoir faire une pause de temps en temps et ne pas rester la tête dans le guidon. L’inspiration passe aussi par la lecture de portfolios originaux ou des travaux personnels qui décoiffent. Récemment, j’ai découvert le site de Dominique Conil dont les photographies moyen format me plaisent beaucoup. Prenez le temps de visiter ses galeries. Par contre, les articles élogieux sur tel ou tel matériel photographique m’intéressent peu, les tests pures et dures encore moins. Ce qui m’intéresse, ce sont les expériences vécues et partagées avec sincérité ou encore de vrais témoignages d’auteurs passionnants comme ceux d’Alain Keler sur son journal d’un photographe. Les photos noir et blanc sont percutantes et les récits captivants. Pour ceux qui aiment l’histoire et le photojournalisme, ce micro-blog est une pépite.

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Séance engagement en noir et blanc argentique à Cambrai

Tous les photographes de mariage ne sont pas fans de photographie argentique. Aujourd’hui, peu se risquent à travailler avec de la pellicule. Oui, l’argentique engendre un coût supplémentaire pour le photographe. Mais cela ne vaut-il pas la peine d’investir un peu plus si l’émotion est au rendez-vous ?

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Le portrait en noir et blanc traditionnel  reste une valeur sûre pour quelques initiés. Les techniques photographiques n’intéressent pas tout le monde mais en général, rares sont ceux qui se montrent insensibles devant un tirage noir et blanc réalisé à l’ancienne. De plus en plus de couples en passe de se marier me choisissent justement parce que je propose aussi un travail photographique à l’ancienne. Ils apprécient le noir et blanc classique, ce rendu typique et inimitable de la pellicule.
Les futurs mariés veulent retrouver un style d’image différent qui rappelle les photographies d’autrefois.
Evidemment, en argentique, le travail ne se compte pas en quantité mais en qualité. Une séance engagement traditionnelle de deux heures permet d’obtenir une cinquantaine de photographies sélectionnées.
Ces clichés noir et blanc sont numérisés et offerts en complément d’une prise de vue numérique. Les clients découvrent avec émotion des instants privilégiés et parfois d’intimité sous une forme unique et tellement éloignée de la standardisation du numérique.

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Portrait noir et blanc argentique : le retour du 85 mm F/1.8

Les portraits en noir et blanc argentique présents dans mon portfolio et sur le blog Histoires de photos sont réalisés avec des reflex CANON et des objectifs autofocus. Lors des dernières commandes, j’ai utilisé des focales fixes et principalement le CANON EF 85 mm F/1.8 USM.

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Si comme moi, vous aimez la photographie de portrait, alors vous avez certainement un objectif de prédilection. Comme chacun sait, les focales fixes offrent globalement une belle qualité d’image. Elles ne sont pas seulement efficaces, elles sont aussi formatrices. Elles nous obligent à trouver la bonne distance avec le sujet. Je n’affirmerais pas que telle ou telle focale soit plus adaptée qu’une autre au portrait. Le matériel est une affaire de goût. Les besoins et les attentes sont différents d’un photographe à l’autre. Certains photographes ne jurent que par le 105 mm, d’autres mettent le populaire 135 mm sur un piédestal. En argentique, rien n’interdit de vous éclater avec un beau 50 mm comme unique objectif pour le portrait ou même un 35 mm lumineux. Les heureux possesseurs d’un Nikon FM, Canon AE1, Olympus OM2n, Pentax K1000 ou Minolta X700 ont accès aujourd’hui à une belle gamme d’objectifs fixes pour le prix d’une carte mémoire de 64 Go. Ce serait dommage de s’en priver.

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Nouveau scan Kodak TMAX : le chaos de la rue

Les négatifs Kodak TMAX 400 utilisés lors des événements de rue de cet été sont enfin numérisés. La numérisation n’a posé aucun problème. Ce n’est pas toujours le cas. Il m’arrive encore de faire des erreurs ou d’exagérer une sous-exposition. Cette fois, l’exposition du négatif était correcte, la netteté aussi. En fait, je n’avais pris aucun risque. La lumière était magnifique et constante pendant toute la durée du festival. Du coup, les réglages étaient bloqués sur un couple F/16 – 1/500 et la mise au point calée sur l’hyper focale. Sur le plan technique, j’ai choisi la facilité. Par contre, d’un point de vue cadrage et composition, on ne peut pas en dire autant.

La photographie de rue est parfois chaotique

Choisir un cadre lorsqu’on est confronté au chaos de la rue, ce n’est pas de la tarte. Vous en avez certainement déjà fait l’expérience. S’il vous arrive de photographier au milieu de la foule, vous avez pu en mesurer la difficulté. Cet été, j’ai voulu me confronter au désordre de la rue. J’ai essayé de m’infiltrer au cœur de la foule avec le grand angle. J’ai fait plusieurs tentatives de cadrages avec des sujets sympas et originaux mais j’ai eu beaucoup de mal à me décider. Tout va très vite. Cadrer un sujet isolé en mouvement, c’est relativement facile avec un peu de pratique. Mais photographier le chaos de la foule et faire en sorte que tout soit bien en place dans le cadre, alors on peut parler de défi. À moins d’être un sacré chanceux, en général, une seule prise ne suffit pas. Dans le viseur, on se rend compte que l’endroit choisi n’est pas le meilleur. On bouge afin de trouver l’emplacement idéal. Et quand on pense tenir un point de vue intéressant, plus rien ne fonctionne : les éléments s’entre-choquent et la lisibilité de l’image en pâtit. Ce genre d’exercice doit être répété souvent avant d’obtenir une composition qui tienne la route. Rien n’est plus frustrant pour un photographe de rue que de louper une scène unique à cause d’un intrus venant gâcher son premier plan. Ici, j’ai eu beaucoup de chance que personne ne fasse irruption devant l’objectif à ce moment précis. J’adore être au contact de mon sujet. J’utilise systématiquement le 35 mm à courte distance. Mais on m’a si souvent bousculé pendant cette parade que j’ai fini par prendre du recul.

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Portraits au naturel sans retouche

Les personnes que je photographie ne sont pas retouchées

C’est une question de principe. Je n’ai pas envie de tricher avec la réalité. Mon rôle n’est pas d’opérer un lifting du visage et encore moins de passer des heures devant mon écran à tenter de vous rajeunir artificiellement. Je vous avoue franchement que le maquillage et le gommage de l’épiderme ne me passionnent pas. Mon but est de créer des images fidèles à la réalité ou à ce que je vois dans le viseur. Lorsque je réalise un portrait, j’essaie de travailler sur les regards et sur le langage du corps. Ce n’est pas évident pour tout le monde mais avec un peu de patience et en établissant une relation de confiance, on arrive à faire resurgir un trait de caractère. Le travail du photographe repose aussi sur sa capacité à capturer ces instants de vérité, pas seulement sur ses compétences techniques.

Bien sûr, on met parfois en scène les modèles afin d’éviter les postures maladroites ou trop rigides. Concernant les couples, on les incite à interagir avec leur conjoint pour leur faire oublier la caméra. Mais par honnêteté envers les gens qui me commandent une séance portrait, je ne m’aviserai jamais d’arranger leur image sous prétexte de respecter les canons de beauté imposés par la société. Quand cela est possible, je cherche à mettre en avant la personnalité d’un individu. Si la personne accepte de montrer une facette de sa personnalité en faisant exploser sa joie de vivre devant l’objectif par exemple, alors c’est une aubaine pour le photographe et la garantie ou presque d’une bonne photo. Je suis partant pour photographier des couples ou des familles dans des situations diverses : une balade romantique dans un parc, un enterrement de vie de garçons sportif ou une soirée Halloween avec des photos déjantées. Par contre, si une personne me demande de transformer son apparence, je refuse catégoriquement. Il m’arrive parfois d’effacer un bouton ou de supprimer une tâche sur un vêtement mais il n’est pas question de toucher aux traits d’un visage ni à la silhouette.

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