La street photography selon Patrice Cotteau

Un art évolutif
J’ai eu l’occasion d’expliquer, dans un précédent billet publié ici, ce que j’entendais et la différence que je faisais entre la street photography (photographie de rue ou de la rue) et la photo des rues.
Il me paraît évident que la photo de rue s’impose comme témoin artistique des époques qu’elle traverse. Je regardais et je comparais les photos de New York de Matt Weber et je ne pouvais que constater, finalement, la platitude et le peu d’intérêt, si ce n’est nostalgique qu’elles procurent. On se trouve devant un genre de cartes postales désuètes et passéistes telles qu’elles existaient déjà dans les années 40 et 50. Sur le plan de l’esthétique, de la composition et de l’art photographique, les photos de Weber ne sont donc que d’aimables témoignages d’un passé encore frais. Cela les oppose à ce que l’on appelle la photo de rue, car il s’agit bien là de photos des rues. Il n’entrait visiblement pas dans les propos de Weber de participer à un mouvement de création artistique ou à celui d’une nouvelle pratique de la photographie. Il se pose et existe en tant que témoin (vieilles vitrines de magasins, terrains vagues…), ce qui le placerait plutôt parmi les historiens. Il se trouve de fait opposé à Winogrand, à Vivian Maier ou à Robert Frank qui avaient une démarche volontaire de création et de constat social plus dynamique. Il semble d’ailleurs étonnant que Weber réussisse encore aujourd’hui à restituer le même climat que celui du New York des années 50.


PC - 048Photo de Patrice Cotteau – Kodak tri-x 400 numérisée

La photo de rue est emprunte d’un esprit qui perdure depuis l’époque où les photographes sont descendus dans la rue et qui ne cesse depuis de s’affiner. Passés les premiers temps dans les pas des peintres, les photographes se sont démarqués en inventant le sur le vif, l’instantané, en s’immiscant dans la vie quotidienne et en utilisant son cadre de vie. Aujourd’hui, le constat se fait plus artistique, plus esthétisant, plus construit, plus recherché. L’état d’esprit qui participe à son élaboration se veut aussi plus évolutif et typique, d’une approche double à la fois de la culture de la rue qui est celle du contact humain et de celle des arts graphiques de son environnement. C’est l’homme qui fait la vie et qui construit son évolution. Les photographes de rue en sont témoins et acteurs.

Patrice Cotteau

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