Le piège

La question de l’équipement photo, de la nécessité d’acheter toujours plus et toujours mieux fait toujours autant débat sur le net. Nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises sur le blog Histoires de photos. Cette fois, c’est Patrice Cotteau qui nous fait part de ses réflexions.

Il existe en photographie, ce piège, de même que pour les pêcheurs, les chasseurs, les musiciens… Il s’agit bien sûr de l’objet qu’on utilise et à qui on attribue vite tous les défauts quand on le possède et toutes les qualités lorsqu’on ne l’a pas.
L’éventail de matériel photo disponible est pléthorique. C’est normal, ce sont les amateurs qui font vivre les fabricants et il en faut pour tout le monde, dans tous les domaines. Les professionnels eux savent très bien de quel matériel ils ont besoin, et comme ils le coltinent à l’épaule ou sur le dos en plus de l’acheter, ils évitent le surnombre. Par contre, ça fait vivre les revues avec des rubriques d’essais et de comparaisons. Ça entretient « l’amitié » avec les fabricants qui sont en même temps annonceurs dans les journaux… En fait, la seule rubrique qui vaille vraiment serait celle qui permettrait à chacun de « nos chers lecteurs » de se faire une idée objective de ses besoins et de ses affinités afin d’éviter les dépenses quelquefois insensées, irréfléchies ou compulsives. On peut d’ailleurs constater que nombre de professionnels de renom, lorsqu’ils ont le choix et l’indépendance pour le faire, en reviennent aux chambres 4×5“ ou plus, à un Leica tout simple avec un 35 ou un 50 ou encore un numérique bridge pour mener à bien les travaux qu’ils ont choisi de faire. Moralité : le matériel ne fait pas tout, c’est lourd, cher et ça donne l’envie de faire des photos tous azimuts.
Se disperser à vouloir faire ou croire que l’on peut tout faire bien est illusoire. On ne se sert jamais aussi bien d’un 20 mm et d’un 300. On ne fait pas à la fois et aussi bien de la macrophoto et de la photo sportive. Le meilleur moyen pour parvenir à des résultats satisfaisants est de cerner ce qu’on vit le mieux et de s’y investir. L’éparpillement disciplinaire est une erreur et une source de désillusions. Faites ce que vous aimez, vous le ferez bien et ça vous coûtera moins cher. Idem pour les films : sélectionnez un film couleur et un film noir et blanc. Ce que vous ne pourrez pas faire sera fait par d’autres mais au moins vous serez satisfait de ce que vous faites.
Faites simple et amusez-vous.

Patrice Cotteau

Dans la même veine :

https://histoires-de-photos.com/2012/10/29/quel-interet-dacheter-un-objectif-pro/

https://histoires-de-photos.com/2012/11/05/avez-vous-vraiment-besoin-dun-nouveau-reflex/

https://histoires-de-photos.com/2013/04/05/des-photos-de-plage-en-noir-et-blanc-avec-un-vieux-reflex-numerique/

https://histoires-de-photos.com/2014/10/26/la-photographie-pour-la-photographie/

https://histoires-de-photos.com/2014/10/28/nouveaute-argentique-de-luxe/

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