Ugo Mulas, la photographie

Patrice Cotteau a eu la gentillesse d’écrire ces quelques lignes pour le blog Histoires de Photos à propos d’une exposition qui se déroule en ce moment à la Fondation Cartier-Bresson. Il partage ici ses impressions sur le travail d’un artiste italien méconnu en France : Ugo Mulas.

Je vous emmène aujourd’hui dans une expo qui se tient à la Fondation Cartier-Bresson, s’il vous plait !
Intitulée « La photographie », l’expo d’Ugo Mulas, photographe italien (1928-1973), est le résultat du travail d’un photographe d’art. Bien que méconnu en France, Mulas peut être considéré comme un grand observateur et interprète du monde artistique des années 50 et 60. Les agrandissements sont ceux que l’auteur a choisi lui-même pour réaliser une compilation qui lui sert de testament.
On peut considérer ce travail comme étant celui d’un artiste pour artistes. D’abord parce que Mulas a beaucoup photographier les artistes qui lui étaient contemporains : Giaccometti, Warhol, Calder, Duchamp, Rauschenberg, Fontana.
Mulas suggère plus qu’il ne propose. La plupart des photos ont été réalisées sans déranger l’artiste, ce qui a pour résultat de les voir de dos face à leur œuvre et la plupart du temps au départ du travail, soit face à une toile blanche. Mulas n’informe pas, il documente de façon suggestive. Il devance l’œuvre à venir. Pour Mulas, tous les instants sont fugitifs. Ils se valent tous et le moment le moins significatif peut justement être le plus exceptionnel.
Techniquement réalisées au 24×36 et quel que soit le lieu de prise de vue : atelier de peintre ou usine d’artiste sur métal, les prises de vue sont réalisées en lumière ambiante. La composition, du fait même de l’absence fréquente d’esquisse d’œuvre, est très rigoureuse et très épurée. Les épreuves exposées sont tirées gélatino-bromure de 1954 à 1964. Elles sont livrées dans des formats raisonnables entre 24×30 et 30×40 et rarement un peu plus. Ça tombe bien, j’ai horreur de la photo au mètre carré. D’après Mulas, « au photographe revient le devoir d’identifier sa propre réalité, à l’appareil celui de l’enregistrer dans sa totalité. »
C’est donc bien de suggestivité et de rigueur, voire de discipline qu’il s’agit. Une expo qui interpelle sur le signifiant et le signifié.

Patrice Cotteau

Une réaction sur “Ugo Mulas, la photographie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s