Cours photo individuel à Calais et Boulogne : comprendre son reflex numérique

Franck Montreuil 2016 NB LR-4

Un cours photo à domicile pour comprendre les réglages de votre reflex numérique en détail.

Inutile de vous déplacer, je viens à votre rencontre à Calais et Boulogne aussi.

Le cours photo individuel vous apporte des réponses concrètes à toutes vos questions concernant la prise de vue et permet d’améliorer votre technique. Le programme de trois heures en tête à tête offre surtout l’avantage de vous concentrer sur les thèmes qui vous importent le plus ( le portrait, les photos de voyage, les paysages, la photo de nuit …).

C’est réellement un cours individuel. Je m’adapte à vos besoins. Si un aspect technique vous intéresse en particulier, nous pouvons nous concentrer sur ce point.

Évidemment, vous ne deviendrez pas un artiste du jour au lendemain mais vous aurez tous les outils en main afin de progresser rapidement. Une bonne compréhension de la manipulation de votre reflex numérique vous permettra d’aller plus loin dans la créativité.

N’hésitez pas à me contacter.

Plus d’infos sur le cours photo individuel.

 

Chili d’hier et d’aujourd’hui

C’est à une forte exposition que nous invite la Maison de l’Amérique latine à Paris. Elle s’intitule « Faces cachées, photographie chilienne 1980-2015 », jusqu’au 30 avril. Elle regroupe les œuvres de six photographes répartis sur trois générations de chiliens qui ont donc vécu les époques les plus dures qu’ait connu le pays contemporain. Parmi les plus anciens, qui ont connu à la fois le coup d’Etat de 1973 et la poursuite de la politique répressive de Pinochet, c’est l’approche politique de la situation qui est rapportée par les frères Hoppe, Alvaro et Alejandro. A l’évidence, le deuil n’est pas fait de cette triste page de l’histoire du Chili comme continue à le faire vivre le travail de José Pablo Concha qui consiste à imprimer les visages des disparus de la répression sur des carrelages et à les coller sur un mur de Santiago. Cela peut expliquer que parmi les plus jeunes, telle Zaïda Gonzàles Rios qui tente d’exorciser les traces laissées dans la vie des femmes par des photos coloriées à la main ce qui leur donne un air kitch, le mépris pour le monde ecclésiastique confine à la provocation profane. D’autres, de la même génération, se sont sentis investis d’un devoir de mémoire envers les peuples traditionnels du Chili. Ils reconstituent la vie et les coutumes d’anciennes tribus, elles aussi martyrisées par la dictature. Ils entendent faire revivre les racines culturelles d’un pays très divers pour mieux repartir, peut-être, et faire le pont au-dessus de la période honnie. Luis Navarro Vega, qui a découvert des fosses communes et fut emprisonné et torturé, se cache toujours chez les gitans dont il immortalise les rites. Leonora Vicuña consacre ses photos au peuple Mapuche qui sont le peuple de la terre. Finalement, une exposition pas si diverse que cela. L’ensemble est cohérent dans le cadre d’un exorcisme jamais abouti pour le peuple chilien.

Patrice Cotteau

Flash Canon 420 EX à vendre

5Flash canon 420 EX à vendre lille

Je me sépare de mon flash Canon 420 EX. Il est en excellent état et a très peu servi puisque je travaille essentiellement en lumière naturelle. Il est parfaitement opérationnel et le prix proposé est de 60 euros hors frais d’expédition = 12 € en Colissimo.

Après-midi trop pluvieux pour les photos de mariés ?

Rollei Retro 80s - 178

Quelle idée d’organiser une séance photo avant mariage en extérieur un jour aussi pluvieux ! Le mauvais temps ne dérange absolument pas les futurs mariés qui ont prévu vêtements de pluie et parapluie. C’est romantique. Par contre, le matériel du photographe n’apprécie pas l’humidité de la même manière. Quand il pleut, je protège mes appareils le mieux possible. Ils supportent une pluie fine grâce à leur protection tout temps mais ne sont pas étanches pour autant. Le sac photo est indispensable. On sort le reflex juste le temps d’une prise de vue entre deux averses. L’une des solutions consiste à couvrir le matériel d’une housse imperméable. Ce n’est pas forcément pratique à l’usage mais cela permet d’assurer les prises de vues. On trouve ces protections anti-pluie et poussières chez les marchands du web bien connus. À défaut, on peut toujours se rabattre sur le sac plastique transparent.

Chasse au lapin blanc de Pâques

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Un filtre polarisant peut aider à déjouer les méfaits des contrastes élevés qui ont tendance à brûler les hautes lumières. Certains reflex font disparaître les détails quand les blancs sont trop lumineux. Le polarisant améliore l’équilibre des contrastes, assombrit le ciel et augmente la saturation des couleurs. C’est une bonne méthode si on souhaite ne pas passer par la case retouche. On peut même se permettre de travailler en Jpeg.

Photographie de rue au 35 mm

Photo de rue - Boulogne sur Mer - Apprendre la street photo

Quand on aime photographier dans la rue, le 35 mm est idéal. Cadrer l’architecture est plus facile qu’avec le 50 mm par exemple. À cette focale, les déformations sont minimes comparées au grand angle. Et de prêt, Il permet d’être plus réactif que le 50 mm qui parfois demande un peu de recul. Si je devais retenir une seule focale pour à la fois pratiquer la photo de rue, partir en voyage et même réaliser du portrait sur le vif, ce serait le 35 mm.

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Malheureusement, j’ai abandonné le vieux Canon EF 35 mm sur la baie. C’était une mauvaise idée de le revendre. Il avait pas mal de défauts mais il remplissait bien son travail quand je photographiais dans les rues de Glasgow. En photographie de rue, je peux toujours le remplacer par un zoom Canon 28-105 ou un Tamron 28-75 et rester bloqué sur la focale 35 mm mais il faut avouer que ce n’est pas pareil. Une focale fixe est plus discrète, moins encombrante et souvent plus légère qu’un trans-standard. Le nouveau Canon 35 m F2 IS semble pas mal. Sur le Canon EOS 30v, il serait parfait. Cependant, bien qu’il ait la stabilisation, je le trouve encore un peu cher pour un objectif non professionnel. Et puis, il s’agit seulement de photos de rue.

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7 années de blogging sur la photo argentique

scan vieilles photos argentiques

Voilà, cela fait aujourd’hui sept ans que le blog Histoires de photos existe. Le site n’a pas beaucoup évolué depuis son lancement. On me questionne régulièrement à propos de ce médium qui fascine toujours plus de nouveaux adeptes. J’ai bon espoir que la pellicule sera encore vivante durant les prochaines décennies. Je reçois encore des lettres d’encouragements de la part de passionnés et même parfois des remerciements qui me touchent à un point que vous ne pouvez pas imaginer. En écrivant dans ce journal mes anecdotes et ma vision des choses, j’espérais intéresser les non connaisseurs, sans trop y croire vraiment. Mais depuis quelques années, je constate que les plus jeunes veulent eux aussi essayer la photo argentique et d’ailleurs, certains ont voulu témoigner de leur passion. Cette modeste vitrine m’a permis de discuter avec des mordus de la pellicule, des purs et durs, mais pas seulement. Des photographes de tout horizon interviennent sur le blog. C’est réconfortant. Entre les pros, les auteurs, les experts et les débutants avertis, on échange librement nos points de vue sur tout ce qui tourne autour de la photo. Au départ, je pensais offrir un peu de mon expérience mais en fin de compte, j’en ai bien plus appris en vous écoutant. Merci !

Une pellicule basique pour photographier dans la rue – pourquoi pas ?

Histoires de photos fait souvent l’éloge des films argentiques professionnels comme la Kodak Portra. Mais est-il bien nécessaire d’investir dans une pellicule à plus de 10 euros quand on souhaite juste se faire plaisir ? C’est vrai que dans cette gamme de pellicules, les résultats sont extraordinaires. Les portraitistes argentiques par exemple sont friands des Kodak Portra ou Fuji pro 160. En termes de finesse d’image, de beauté des teintes, de richesse des nuances et de niveau de contrastes, c’est le top.

Photographie de rue en Belgique avec pellicule couleur amateur et reflex argentique Olympus OM

Pellicule Kodak ColorPlus 200

Si le but recherché n’est pas d’exposer ses photos en galerie mais tout simplement d’alimenter un Canonet, un Petri ou un Olympus OM10, une pellicule amateur suffit largement. J’utilise actuellement la Kodak ColorPlus avec mon Olympus OM-2000, une pellicule couleur à moins de 3 euros. Certes, elle ne brille pas par la fidélité de ses couleurs et son grain est visible mais elle me convient pour le tout venant et les photos souvenirs.

img074Dans la même catégorie, je citerais aussi l’AGFA Vista et la Fuji C200, des pellicules couleur d’entrée de gamme qu’il ne faut pas négliger surtout en voyage ou quand on a la gâchette facile.
img030Évidemment, ce sont des pellicules prévues pour l’extérieur, de préférence par beau temps. Leur faible sensibilité ne permet pas une utilisation en intérieur et quand il fait sombre à moins de posséder un objectif lumineux.
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Si comme moi, vous aimez prendre beaucoup de photos dans les rues des villes que vous visitez, essayez ces pellicules couleurs amateurs. Les erreurs d’exposition ne leur font pas peur et ce genre de pellicule se numérise facilement.

Photographie de rue sous le soleil de mars

Je me suis offert une cure de photos dans la rue aujourd’hui. La faute à Patrice Cotteau pour qui j’ai numérisé les négatifs récemment. Ses photographies de rue m’ont donné envie de reprendre du service. Je me sens un peu rouillé. J’ai perdu mes marques. Le plus difficile a été de retrouver la bonne distance. Toutes les photos ont été prises au 35 mm.

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Noir et blanc sauvé

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Malgré les déboires avec mon reflex argentique Canon qui ne voulait plus se remettre en marche, j’ai pu réaliser quelques vues en noir et blanc grâce au 5D. Au départ, l’objectif était de travailler avec de la pellicule mais le sort en a décidé autrement. Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude de me déplacer avec le minimum d’équipement : un boîtier, un objectif, une pellicule. Je préfère privilégier la liberté de mouvement et ne pas devoir supporter un poids trop lourd à l’épaule. Emporter un second boîtier était une sage décision et m’a évité une grosse frustration. Dorénavant, je prendrai mes précautions en doublant le matériel.

Dans certaines situations, une panne technique pourrait être dramatique. J’imagine la tête des mariés en apprenant que le photographe officiel ne puisse plus assurer les prises de vues au beau milieu des cérémonies. Heureusement pour moi, ce reportage photo à Comines n’est qu’une série de plus dans mon travail personnel. Ce genre de travail n’a pour unique but que d’alimenter mon portfolio. Mais dans le cadre d’une commande ou lors d’événement de premier ordre, alors il me faut tout de même envisager l’achat d’un APN expert capable de restituer de belles images noir et blanc, un bloc-note de secours qui viendrait compléter mon équipement argentique en cas de pépin.

Fuji Superia 200 en rade

 

fêtes de printemps dans le Nord - Photographie couleur argentique - numérisation de pellicules pour particuliers et photographes

Quand Patrick, un ami photographe, m’a proposé de l’accompagner à la frontière belge pour suivre le défilé du carnaval de printemps à Comines, j’ai tout de suite pensé aux photographies noir et blanc contrastées que je pouvais réaliser. Le soleil était encore une fois de la partie et les scènes de rues étaient prometteuses. C’est toujours plus facile de photographier dans la rue lors d’un événement festif et les sujets originaux ne manquent pas.
Mais avant de passer au noir et blanc, je voulais d’abord terminer la pellicule couleur installée dans l’EOS 3. Cela fait des semaines que je n’arrive pas à finir cette fichue Fuji Superia et ça me gonfle. J’aurais pu la retirer et la remettre dans le boîtier ultérieurement mais le sujet justifiait pleinement de rester en couleur, alors… Après trois déclenchements, le boîtier s’est bloqué. La pile était apparemment déchargée vue le clignotement de l’indicateur BC. J’étais persuadé d’avoir vérifié le niveau avant de partir. Évidemment, je n’ai pas prévu de pile de rechange dans le sac photo. Il n’y aura donc que trois photos couleur des carnavaleux sur ce négatif. Un peu perplexe une fois à la maison, j’ai remis le boîtier sous tension. L’EOS 3 s’est allumé normalement. Décidément, je n’arriverais jamais à la fin de ce film.

Mat Jacob du collectif Tendance floue

A défaut de ne pouvoir entrer à Beaubourg pour cause de queue et de sécurité, je suis allé à deux pas de là, rue Quincampoix, à la galerie Faits et causes pour voir une expo sur le Chiapas (Mexique).
Il s’agit d’un reportage au long cours, réalisé pendant vingt ans (!) par Mat Jacob du collectif Tendance floue. En fait, il s’est rendu sept fois dans cette région du Mexique depuis 1995 qui expérimentait la démocratie directe et non violente, en opposition à tout ce que pouvait proposer l’état mexicain. Son empathie pour le mouvement se perçoit clairement au travers de ses photos. On ne peut nier qu’il s’agisse là d’un parti pris personnel et d’un acte militant vis-à-vis du mouvement zapatiste du sous-commandant Marcos.
Les photos en noir et blanc nous permettent de découvrir les projets et la vie de tous les jours de ces populations qui vivent dans des conditions difficiles mais pleines d’espoir et qui recréent une existence basée sur d’autres valeurs que celles du libéralisme.
Ce travail particulier a été récompensé par un World press. Un livre de la série Photo poche histoire, éditions Actes sud, accompagne l’exposition.
Patrice Cotteau

La street photography selon Patrice Cotteau

Un art évolutif
J’ai eu l’occasion d’expliquer, dans un précédent billet publié ici, ce que j’entendais et la différence que je faisais entre la street photography (photographie de rue ou de la rue) et la photo des rues.
Il me paraît évident que la photo de rue s’impose comme témoin artistique des époques qu’elle traverse. Je regardais et je comparais les photos de New York de Matt Weber et je ne pouvais que constater, finalement, la platitude et le peu d’intérêt, si ce n’est nostalgique qu’elles procurent. On se trouve devant un genre de cartes postales désuètes et passéistes telles qu’elles existaient déjà dans les années 40 et 50. Sur le plan de l’esthétique, de la composition et de l’art photographique, les photos de Weber ne sont donc que d’aimables témoignages d’un passé encore frais. Cela les oppose à ce que l’on appelle la photo de rue, car il s’agit bien là de photos des rues. Il n’entrait visiblement pas dans les propos de Weber de participer à un mouvement de création artistique ou à celui d’une nouvelle pratique de la photographie. Il se pose et existe en tant que témoin (vieilles vitrines de magasins, terrains vagues…), ce qui le placerait plutôt parmi les historiens. Il se trouve de fait opposé à Winogrand, à Vivian Maier ou à Robert Frank qui avaient une démarche volontaire de création et de constat social plus dynamique. Il semble d’ailleurs étonnant que Weber réussisse encore aujourd’hui à restituer le même climat que celui du New York des années 50.


PC - 048Photo de Patrice Cotteau – Kodak tri-x 400 numérisée

La photo de rue est emprunte d’un esprit qui perdure depuis l’époque où les photographes sont descendus dans la rue et qui ne cesse depuis de s’affiner. Passés les premiers temps dans les pas des peintres, les photographes se sont démarqués en inventant le sur le vif, l’instantané, en s’immiscant dans la vie quotidienne et en utilisant son cadre de vie. Aujourd’hui, le constat se fait plus artistique, plus esthétisant, plus construit, plus recherché. L’état d’esprit qui participe à son élaboration se veut aussi plus évolutif et typique, d’une approche double à la fois de la culture de la rue qui est celle du contact humain et de celle des arts graphiques de son environnement. C’est l’homme qui fait la vie et qui construit son évolution. Les photographes de rue en sont témoins et acteurs.

Patrice Cotteau

Un dimanche en noir et blanc sous le soleil

Photographie argentique - noir et blanc sous le soleil - bolide de course - Photographe Nord argentique
Pellicule Agfa APX 100

Ce serait un crime de ne pas profiter d’une journée qui s’annonce belle et ensoleillée. C’est le moment de sortir un 24×36 argentique et des pellicules noir et blanc.Les contrastes vont être beaux sur l’Agfa APX 100, l’Ilford FP4, la Rollei RPX 100 ou la TMAX 100. Avec ce type de pellicule, pas de problème d’exposition, la règle du F16 s’impose et simplifie la vie du photographe. C’est aussi l’occasion d’utiliser des appareils anciens sans autofocus afin de se libérer de la contrainte de la mise au point et se concentrer sur l’image. Bon dimanche à toutes et à tous.

Le portrait avec un Olympus ?

 

Photographe mariage rétro engagement portraits familles Douai

Et pourquoi pas ? Après-tout, si on ne vise pas la haute définition et une netteté record, un 24×36 Olympus peut faire l’affaire. J’ai tendance à préférer le Canon EOS 3 et les objectifs L de la gamme pro Canon pour le portrait mais les images obtenues avec un Olympus OM1, OM2n ou OM-2000 et un objectif Zuiko fixe ne sont pas moins belles. Elles sont différentes. À la rigueur, c’est plutôt le choix de la pellicule qui va vraiment faire la différence. De même du côté des objectifs, on n’a pas obligatoirement besoin d’une optique de pointe quand il s’agit de portrait. Au contraire, trop de détails croustillants révèlent les défauts et attirent l’attention sur autre chose que la personne. Un objectif qui délivre des images douces reste préférable. Je connais des petits malins équipés en numérique qui tentent de simuler le rendu d’un argentique en atténuant artificiellement une accentuation trop forte due à leur équipement sophistiqué. Évidemment, rien ne vaut la douceur et la précision du moyen format. Mais à défaut, une lentille ancienne reste une bonne solution pour obtenir des images naturellement douces.

La Kodak ressuscitée

Pour moi, le meilleur moment en photographie de portrait, c’est en fin de journée quand le soleil envoie ses dernières lueurs rougeoyantes. L’exposition est parfois délicate à gérer mais il ne faut pas oublier que c’est lorsque la lumière est difficile que les photos sont les plus belles. Si on se contente d’une lumière uniforme et sans contraste, les photos risquent de rester plates. Alors j’essaie de privilégier les heures où les lumières rasantes donnent du volume et renforcent les couleurs. Je mesure toujours la lumière renvoyée par le visage de la personne. La peau constitue une bonne référence en matière d’exposition. L’idéal est de travailler avec une mesure spot et de surexposer légèrement, surtout quand la lumière est intense et la peau claire. Mais parfois, en voulant faire vite, je me trompe ou j’oublie de refaire cette mesure et plusieurs vues subissent un écart d’exposition important. Dans le cas présent, je suis face à un négatif sombre car surexposé. Ce qui complique sérieusement le travail de numérisation.

PORTRA - 045

Un premier essai de numérisation en mode automatique faisait monter les hautes lumières. Elles étaient tellement brillantes que l’on ne distinguait plus les traits du visage. Le rendu n’était pas plaisant. Si j’avais fait numériser ce film dans un laboratoire argentique du coin, on m’aurait certainement remis des scans exagérément saturés et trop contrastés. Les boutiques ne prennent pas le temps d’examiner un film à la loupe ni de procéder à des réglages fins et adaptés au cas par cas. Heureusement, je sais qu’une pellicule de ce type contient toutes les informations utiles dans les hautes comme dans les basses lumières. Il suffit d’épouser la courbe naturelle des niveaux au moment du scan et on sait restituer toute la dynamique du film, contrairement au numérique. Dans une situation identique, le numérique aurait brûlé définitivement les parties les plus claires. Si je continue à préférer la pellicule au numérique c’est parce que l’argentique conserve toujours une légère avance par rapport au numérique sur le plan de la dynamique.

 

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Le piège

La question de l’équipement photo, de la nécessité d’acheter toujours plus et toujours mieux fait toujours autant débat sur le net. Nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises sur le blog Histoires de photos. Cette fois, c’est Patrice Cotteau qui nous fait part de ses réflexions.

Il existe en photographie, ce piège, de même que pour les pêcheurs, les chasseurs, les musiciens… Il s’agit bien sûr de l’objet qu’on utilise et à qui on attribue vite tous les défauts quand on le possède et toutes les qualités lorsqu’on ne l’a pas.
L’éventail de matériel photo disponible est pléthorique. C’est normal, ce sont les amateurs qui font vivre les fabricants et il en faut pour tout le monde, dans tous les domaines. Les professionnels eux savent très bien de quel matériel ils ont besoin, et comme ils le coltinent à l’épaule ou sur le dos en plus de l’acheter, ils évitent le surnombre. Par contre, ça fait vivre les revues avec des rubriques d’essais et de comparaisons. Ça entretient « l’amitié » avec les fabricants qui sont en même temps annonceurs dans les journaux… En fait, la seule rubrique qui vaille vraiment serait celle qui permettrait à chacun de « nos chers lecteurs » de se faire une idée objective de ses besoins et de ses affinités afin d’éviter les dépenses quelquefois insensées, irréfléchies ou compulsives. On peut d’ailleurs constater que nombre de professionnels de renom, lorsqu’ils ont le choix et l’indépendance pour le faire, en reviennent aux chambres 4×5“ ou plus, à un Leica tout simple avec un 35 ou un 50 ou encore un numérique bridge pour mener à bien les travaux qu’ils ont choisi de faire. Moralité : le matériel ne fait pas tout, c’est lourd, cher et ça donne l’envie de faire des photos tous azimuts.
Se disperser à vouloir faire ou croire que l’on peut tout faire bien est illusoire. On ne se sert jamais aussi bien d’un 20 mm et d’un 300. On ne fait pas à la fois et aussi bien de la macrophoto et de la photo sportive. Le meilleur moyen pour parvenir à des résultats satisfaisants est de cerner ce qu’on vit le mieux et de s’y investir. L’éparpillement disciplinaire est une erreur et une source de désillusions. Faites ce que vous aimez, vous le ferez bien et ça vous coûtera moins cher. Idem pour les films : sélectionnez un film couleur et un film noir et blanc. Ce que vous ne pourrez pas faire sera fait par d’autres mais au moins vous serez satisfait de ce que vous faites.
Faites simple et amusez-vous.

Patrice Cotteau

Dans la même veine :

https://histoires-de-photos.com/2012/10/29/quel-interet-dacheter-un-objectif-pro/

https://histoires-de-photos.com/2012/11/05/avez-vous-vraiment-besoin-dun-nouveau-reflex/

https://histoires-de-photos.com/2013/04/05/des-photos-de-plage-en-noir-et-blanc-avec-un-vieux-reflex-numerique/

https://histoires-de-photos.com/2014/10/26/la-photographie-pour-la-photographie/

https://histoires-de-photos.com/2014/10/28/nouveaute-argentique-de-luxe/

Fuji pour les passionnés de photo

FUJI ARDECHE

2003 – Pellicule Fuji Superia 200 numérisée

Vous vous rappelez de vos premières photos de vacances ?

Dans les années 90, j’achetais énormément de pellicules Fuji couleur Superia. C’était l’une des références les plus vendues à l’époque avec la Kodak Gold. Pour les vacances, je prévoyais toujours autant de pellicules peu sensibles, comme les 100 ISO, que de pellicules à 200 et 400 ISO. Je voulais être sûr de pouvoir photographier à n’importe quelle heure de la journée et quelles que soient les conditions de lumière. Et de temps en temps, je complétais mon stock de films avec des Fuji X-TRA 800 pour les sorties nocturnes. C’est rigolo parce qu’à cette époque, la notion des ISO ( ou ASA ) était bien comprise par les photographes amateurs. Sur les emballages des films, grâce à un simple symbole, on savait s’il s’agissait d’une pellicule par temps ensoleillé ( 100 ou 200 ISO ) ou une pellicule par temps couvert ( 400 ISO ). Aujourd’hui, lors des cours photo, on me regarde avec des grands yeux quand j’aborde la question de la sensibilité.

Comme moi, vous avez certainement conservé des tirages brillants ou mats format 10×15 cm dans des albums photo à spirale. Malheureusement, certaines photos papier vieillissent mal. Alors que les tirages argentiques des labos pros tiennent admirablement leurs couleurs des dizaines d’années après, celles réalisées dans les minilabs des grandes surfaces ont perdu leurs couleurs d’origine. Quand je partais en voyage, systématiquement, je faisais tirer les films sur place. La facture était à chaque fois plutôt salée mais il fallait que je puisse voir le résultat rapidement. De ce fait, je me retrouve avec une quantité de photos papier impressionnante dont la majeure partie ne vaut pas une cacahuète. J’ai fais un inventaire des photos qui auraient besoin d’un rajeunissement drastique. Heureusement, très peu de photographies couleur se sont dégradées avec le temps et les plus abîmées ne font pas parti des souvenirs les plus précieux. Mais quand même, cela me désole de voir ces images dépérir.

J’ai entrepris de numériser tous les films argentiques produits entre 1993 à 2005 en essayant de retrouver les couleurs d’origine obtenues sur les tirages. Je n’ai pas retrouvé tous les films avant cette période. Je remarque dans ces images souvenirs très basiques la simplicité dans le cadrage et la composition. Je ne cherchais pas le côté artistique. Je ne calculais rien à l’époque.Les couleurs aussi ont quelque chose de différent par rapport aux images argentiques que je réalise aujourd’hui. Les teintes étaient parfois éloignées de la réalité et parfois cela me dérangeait. Aujourd’hui, cette infidélité des couleurs me plaît beaucoup et tant pis si les couleurs des vêtements ou des cheveux ne respirent pas la vérité tant que cela reste raisonnable. Evidemment, je ne dirais pas la même chose quant aux prises de vues numériques.

De nos jours, la colorimétrie doit être rigoureusement maîtrisée selon les experts des clubs photo. Les logiciels de calibration de la couleur et la balance des blancs n’ont pas été créés pour les chiens ! En argentique, la pellicule couleur possède sa propre balance des blancs. Mais à l’étape numérisation, les erreurs de colorimétrie sont fréquentes. La pipette du gris neutre est là pour y remédier, tout comme l’option de suppression des dominantes de couleurs. Mais en fait, on ne fait qu’interpréter le négatif. Il est difficile de restituer la véritable colorimétrie du sujet lors de la prise de vue avec un négatif couleur à l’instar d’une diapositive. Je me suis donc interdit de corriger trop sévèrement les dominantes de couleurs et j’ai même parfois volontairement décalé les tonalités pour me rapprocher de ce que j’avais sur papier autrefois. Résultat, j’obtiens des scans qui ressemblent quasiment aux tirages des labos Fuji Frontier. Ce retour dans le passé m’a rendu nostalgique et me donne envie de griller de la Fuji Superia à nouveau. L’entreprise FujiFilm a malheureusement annoncé une hausse importante du prix de ses produits sans exception. Peu importe, le plaisir de faire des images avec du film standard est bien présent.

Ugo Mulas, la photographie

Patrice Cotteau a eu la gentillesse d’écrire ces quelques lignes pour le blog Histoires de Photos à propos d’une exposition qui se déroule en ce moment à la Fondation Cartier-Bresson. Il partage ici ses impressions sur le travail d’un artiste italien méconnu en France : Ugo Mulas.

Je vous emmène aujourd’hui dans une expo qui se tient à la Fondation Cartier-Bresson, s’il vous plait !
Intitulée « La photographie », l’expo d’Ugo Mulas, photographe italien (1928-1973), est le résultat du travail d’un photographe d’art. Bien que méconnu en France, Mulas peut être considéré comme un grand observateur et interprète du monde artistique des années 50 et 60. Les agrandissements sont ceux que l’auteur a choisi lui-même pour réaliser une compilation qui lui sert de testament.
On peut considérer ce travail comme étant celui d’un artiste pour artistes. D’abord parce que Mulas a beaucoup photographier les artistes qui lui étaient contemporains : Giaccometti, Warhol, Calder, Duchamp, Rauschenberg, Fontana.
Mulas suggère plus qu’il ne propose. La plupart des photos ont été réalisées sans déranger l’artiste, ce qui a pour résultat de les voir de dos face à leur œuvre et la plupart du temps au départ du travail, soit face à une toile blanche. Mulas n’informe pas, il documente de façon suggestive. Il devance l’œuvre à venir. Pour Mulas, tous les instants sont fugitifs. Ils se valent tous et le moment le moins significatif peut justement être le plus exceptionnel.
Techniquement réalisées au 24×36 et quel que soit le lieu de prise de vue : atelier de peintre ou usine d’artiste sur métal, les prises de vue sont réalisées en lumière ambiante. La composition, du fait même de l’absence fréquente d’esquisse d’œuvre, est très rigoureuse et très épurée. Les épreuves exposées sont tirées gélatino-bromure de 1954 à 1964. Elles sont livrées dans des formats raisonnables entre 24×30 et 30×40 et rarement un peu plus. Ça tombe bien, j’ai horreur de la photo au mètre carré. D’après Mulas, « au photographe revient le devoir d’identifier sa propre réalité, à l’appareil celui de l’enregistrer dans sa totalité. »
C’est donc bien de suggestivité et de rigueur, voire de discipline qu’il s’agit. Une expo qui interpelle sur le signifiant et le signifié.

Patrice Cotteau