Ne pas gâcher la moindre vue devrait être la règle d’or en photographie

Un ami, interloqué d’apprendre que l’on pouvait tout au plus réaliser 36 vues avec une pellicule 135 mm, me répondait avec compassion qu’il faut être sûr de son coup en argentique.

Portrait de Mayotte

Pellicule Kodak Portra 400 – Modèle : Jahliina

Chaque vue compte

Il a raison. Même si c’est une évidence, il faudrait constamment garder à l’esprit le coût de chaque déclic. Alors que le numérique permet de déclencher sans compter, une photo argentique couleur revient entre 25 et 38 centimes ( prix de la pellicule et du développement ), un peu moins en noir et blanc si on développe soi-même. Une dizaine de photos ratées sur une pellicule de 36 poses et c’est environ 3 ou 5 euros de perdus. Au bout de 10, 20 pellicules, cela commence à chiffrer. Quand vous consommez comme moi une centaine de films par an, faites le calcul.

Portra 800 - 018Ce n’est pas seulement une question d’argent. C’est aussi une question de satisfaction personnelle. Se rendre compte au retour du laboratoire que les photos sont médiocres est réellement frustrant voire énervant. Cela m’agace sérieusement quand je me retrouve face à un mauvais cadrage, une erreur d’exposition ou une mise au point décalée, toutes ces erreurs qui peuvent être évitées facilement.

Ne pas gâcher la moindre vue devrait être la règle d’or lorsque je photographie avec une pellicule de qualité professionnelle comme la Kodak Portra. J’en ai conscience, mais cela n’a pas toujours été le cas. Encore aujourd’hui, j’appuie sur le déclencheur sans vraiment réfléchir, souvent par excès de confiance. J’ai parfois le sentiment que tout est acquis, au moins sur le plan technique. Mais c’est faux. Ce n’est pas parce que je photographie depuis très longtemps en argentique que je ne fais plus d’erreur.

Portra - 137

Une personne sur Facebook  me racontait ses premières expériences avec l’argentique et reconnaissait un sentiment de blocage au moment du déclenchement. Pour ceux qui ont débuté la photo avec un numérique, la pratique de la photo argentique peut être perturbante. Le manque de repères et l’absence de prévisualisation implique un minimum de réflexion. Mais même si on se pose les bonnes questions par rapport aux réglages, la photo ne sera pas pour autant une bonne photo. J’en sais quelque chose : pour une photo acceptable et exploitable, j’en écarte une bonne quinzaine sans intérêt.

Ce n’est pas tant la quantité qui pose problème. D’ailleurs, je ne tire pas à tout va. Ce n’est pas mon genre. Je pourrais limiter encore davantage le nombre de prises de vues, cela ne suffirait pas à améliorer mon travail. Ce qui compte c’est l’implication que je mets dans l’acte photographique. Si je ne m’investis pas intellectuellement et émotionnellement dans ce que je fais, je n’obtiens rien de valable. Et on ne peut pas compter sur la chance. Cela arrive trop rarement.

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