Et pourtant, nous continuons à photographier dans la rue

Tri-X 401

Entre les véritables artistes, les mauvais imitateurs, les gens qui comme moi pratiquent en dilettante, je ne compte plus le nombre de blogueurs ayant une rubrique dédiée à la photographie de rue. Je ne connais pas les motivations de chacun. Certains vouent une véritable passion pour cette discipline et malgré leur position d’anonyme, ils produisent des pépites.

D’autres ne font que suivre le mouvement sans réellement comprendre les subtilités de ce genre photographique. Capturer des scènes de vie dans l’objectif, c’est tendance, alors on « shoote » n’importe qui, n’importe comment. Ceux là pensent qu’ils suffit d’appuyer sur le déclencher et de coller une étiquette « street photography » pour pouvoir affirmer haut et fort leur statut de photographe de rue.

Rollei Rollei - 064Rollei -

En apparence, la photo de rue peut sembler facile à mettre en œuvre parce qu’il n’est pas nécessaire de partir loin, de se lever de bonne heure ni même d’acquérir un matériel onéreux. Il suffit d’arpenter la rue en espérant tomber par hasard sur un sujet qui sort de l’ordinaire sans devoir faire appel à des modèles, investir dans des accessoires de studio. Du coup et grâce au numérique, la photo de rue est devenue le passe-temps favori de nombreux amateurs. Les images produites sont bien souvent converties en noir et blanc certainement dans le but de recréer un style d’autrefois. Très peu de photographes fonctionnent en argentique. C’est bien trop risqué.

Malheureusement, la plupart du temps, les photographies qui inondent les sites de partage n’ont aucun intérêt, ni sur le plan artistique ni sur le plan documentaire. Les cadrages restent incertains, l’absence de réel sujet est flagrante et des figurants qui ne jouent pas le jeu, on s’interroge devant ces photos ennuyeuses. Si au moins, les images étaient agréables à regarder…

KODAK Tri-X dans la rue

Construire une image intéressante sur le thème de la rue, est à mon avis l’exercice le plus difficile en photographie ( loin derrière le reportage de guerre bien entendu, mais ici on parle de pratique en amateur ). Saisir les attitudes intéressantes des passants, jouer sur les coïncidences, mettre en valeur le décor et la lumière tout en faisant en sorte que l’espace soit parfaitement organisé, c’est soit un véritable exploit soit le résultat d’un coup de chance. Évidemment, quelques rares photographes ont un véritable don pour ce travail exigeant. Mais beaucoup ne se rendent pas compte de la médiocrité de leurs images et en sont pourtant fiers.

À suivre …

TMAX 100 346

Photographies de rue argentiques.

3 réactions sur “Et pourtant, nous continuons à photographier dans la rue

  1. Marrant que tu repartages ça aujourd’hui.

    Je pense être comme toi et pratiquer ça en dilettante, parce que, quand quelque chose ou quelqu’un attire mon regard dans la rue, je ne peux m’empêcher de le shooter. En l’absence d’appareil j’imagine au moins la photo que je pourrais prendre.

    J’ai conscience désormais que la plupart de mes photos n’ont pas de grande valeur mais, fait nouveau, je commence et de leur trouver de l’intérêt. J’essaie aussi de construire des séries au fil de l’eau. Une nouvelle étape sans doute.

  2. La photographie de rue est un art difficile et exigeant. Les interprétations sont nombreuses et variées. Je partage ton point de vue, tout le monde n’y parvient pas. Mais l’essentiel n’est-il pas de se faire plaisir?

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