Photographier à 400 ISO en plein soleil ?

Photographier en extérieur à 400 ISO quand le soleil brille, est-ce bien utile ?

En principe, on conseille de baisser les ISO quand la luminosité est forte. Il n’y a aucun intérêt à photographier à 400 ou à 800 ISO dans ces conditions, sauf si l’image que l’on souhaite réaliser nécessite à la fois une vitesse d’obturation très élevée et une grande profondeur de champ. Si vous voulez à tout hasard figer la voiture de Sébastien Loeb lancée à pleine vitesse à quelques mètres de votre position lors d’un rallye automobile en Corse et montrer le beau paysage dans toute sa splendeur, dans ce cas les 400 ISO peuvent être utiles. Cela permet de photographier avec un temps de pose extrêmement court tout en conservant une zone de netteté étendue.

Avec ce beau soleil de printemps, on peut rester en dessous des 200 ISO, sans problème. La vitesse sera toujours assez rapide surtout avec des sujets plus ou moins statiques. Vos photos ne seront pas floues. Si vous photographiez la fête du village comme ici, les 200 ISO suffisent largement. Même à F16, on conserve une vitesse relativement élevée en pleine lumière, de l’ordre de 1/250 de seconde. Quant aux paysages, il est préférable de rester à 100 ISO. Les images seront bien fines et détaillées.

Défilé des géants kodak tri-x - Les fêtes de la rue en noir et blanc argentique

Pellicule Kodak Tri-X 400 ISO

En numérique, passer de 800 ISO pour des photos d’intérieur à 100 ISO en extérieur est très facile. Les reflex et les compacts experts offrent un accès rapide aux sensibilités. C’est l’un des atouts du digital mais peu de photographes débutants en ont réellement conscience. Savoir adapter la sensibilité de son reflex numérique aux conditions de lumière est l’un des points sur lesquels on ne travaille pas suffisamment quand on débute. Je le constate au cours des stages. On essaie d’apprivoiser la vitesse et l’ouverture mais on oublie les ISO. En photographie, c’est comme pour le pilotage d’un avion, on fait la check-list de ses réglages avant de commencer à shooter. Et le réglage de la sensibilité en fait partie. Bien sûr, les reflex numériques proposent une sensibilité ISO automatique, une aide bien pratique dans des cas précis comme la photo de concert, mais je trouve dommage de se laisser imposer un style d’image par une machine partout et tout le temps.

Défilé géants kodak tri-x 033

Canon EOS 3 et 50 mm F/1.4

Par contre, en argentique je n’ai pas toujours des pellicules de sensibilités différentes avec moi. Je dois donc faire avec. Pour le défilé de géants ci-dessus, je n’avais que du film 400 ISO dans la sacoche. A certains moments de la parade, j’aurais préféré un négatif 100 ISO. Rester à 400 ISO par temps ensoleillé laisse peu de choix au photographe dans la profondeur de champ et la vitesse. Avec un appareil basique qui atteint à peine les 1/2000 de seconde, il faut accepter de laisser le diaphragme constamment fermé entre F/8 et F16. Il est alors difficile d’isoler un sujet, surtout quand on photographie d’assez loin. Les reflex argentiques pros comme le Canon EOS 3 permettent de travailler à des vitesses ultra rapides puisqu’ils montent au 1/8000 de seconde. Ce qui autorise des ouvertures relativement grandes, entre F2,8 et F/4, pour une zone de netteté réduite.

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Plus d’infos.

2 réactions sur “Photographier à 400 ISO en plein soleil ?

  1. Pingback: La pellicule Ilford HP5 est-elle un bon choix en noir et blanc ? | Histoires de photos

  2. Haute sensibilité égale toujours plus de grain (en argentique). Il existe une considération, un postulat qui veut que les photos soient le plus lisse possible, avec le moins de grain possible (d’où aussi le choix de plus grand format). Une photo avec du grain, même s’il s’agit de nu a son charme, comme une sensation de grain de peau (un corps n’est pas un lavabo).
    Le contraste sous forte lumière n’est pas dû à la pellicule mais à la lumière. Pour réduire l’effet de dureté, il suffit de surexposé un peu et de bien développer (le gamma, la densité, n’a rien à voir avec le contraste). Cela dégage les ombres trop noires. Il y a un dilemme qui est insoluble (la photo ne peut pas être parfaite), celui de donner de la matière dans les blancs sans saturer les noirs. Le sable de la plage, comme la neige, nécessite une sous exposition si on veut leur donner du corps. Contre coup, vous augmentez le contraste ailleurs. Il faut faire un choix et privilégier l’un ou l’autre. Je ne me fie qu’à une cellule à main pour ces genres de problème et j’interprète les données (ps un gris moyen est à 18 %). Pour info, toutes mes photos sont faites à 800 Iso.

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