Les petits trucs de photographe

Les photographes de renom ont un petit secret de fabrication, une technique bien à eux, une façon de faire très personnelle qui les caractérise. C’est ainsi que l’on reconnaît facilement la patte de photographes célèbres comme Sally Mann, Daido Moriyama ou Mario Giacomelli. Il en va de même pour les photographes de rue. Des auteurs reconnus dans le domaine de la street photography parlent sans crainte de leur méthode de travail et certains acceptent de dévoiler leurs trucs, au travers de vidéos ou d’interviews.

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C’est très enrichissant et intéressant pour le photographe amateur averti. Il apprend des choses mais est-ce suffisant pour pouvoir prétendre faire de bonnes photos ? La plupart des photographes en herbe sont avides de technicité mais s’intéressent peu ou pas du tout à l’histoire de l’art. Ils veulent être capables de réaliser des prouesses techniques et mettent toute leur confiance dans le matériel de haute technologie. Suivre les recettes de cuisine d’un grand chef ne fait pas de nous d’excellents cuisiniers.

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La technique ne suffit pas. Malheureusement, beaucoup pensent le contraire. C’est certainement pour cette raison que tant de photographes amateurs partagent sur le net leur savoir fraîchement acquis. Les professionnels eux sont plutôt avars de conseils, et je peux les comprendre. Nous avons beau appliquer ces techniques de prise de vue, nos images n’en sont pas pour autant géniales. Réaliser un filé ( ou panning ) n’est pas très compliqué. Avoir l’œil d’un Eugene Richards ou d’un Manuel Alvarez Bravo, c’est autre paire de manches. Toutes ces choses s’apprennent sur le terrain et dans les livres et tout le monde est capable de les mettre en application. Mais ce qui distingue les grands photographes de nous, c’est leur capacité à voir au delà de la réalité. Eux savent l’interpréter et créer de vraies belles images avec un sujet banal. Au-delà de la technique, il faut travailler sans cesse son regard. Et c’est à mon avis ce qui est le plus difficile.

Cours photo Canon EOS 1100D - Canon EOS 1200D - Canon EOS 500D - Canon EOS550D - Canon EOS 600D - Canon EOS 700D

J’ai toujours en tête les mots de David Alan Harvey : « N’ayez pas l’air d’un pro. Un boîtier, une focale suffisent. » Il disait aussi :  » Photographiez plus mais dans moins de situations. Privilégiez toujours les images fortes à l’histoire. »
La technique est la partie la plus facile dans l’apprentissage de la photo. Un regard artistique est bien plus difficile à acquérir.

Éditer son propre livre photo

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Éditer un livre avec une série de photos noir et blanc, un livre souple de petite taille et simple dans sa composition, j’y pense sérieusement. J’ai une cinquantaine de photographies argentiques dans ma pré-sélection. Le nombre d’images n’est pas arrêté. Le choix définitif est constamment remis en question avec l’arrivée de nouvelles photos fraîchement scannées. On a toujours envie d’en ajouter de nouvelles. Mon intention n’est pas de gagner de l’argent. D’ailleurs, je ne crois pas que l’on puisse réellement être gagnant quand on décide de se lancer dans la publication d’un livre photo. Il faut engager pas mal de dépenses et d’énergie avant de voir les premiers bons à rouler sortir de machine, même pour une toute petite quantité d’exemplaires à imprimer. De plus, il vaut mieux être épaulé par des gens du métier de l’imprimerie et trouver un réseau de distribution adapté. Beaucoup d’auteurs, aussi talentueux qu’ils soient, ne sont pas rentrés dans leurs frais. Tenter l’aventure de l’auto-édition, c’est une affaire de plaisir et d’autosatisfaction. Je sais que bon nombre de photographes amateurs se bercent d’illusions en voyant défiler les boutons « j’aime » et les appréciations des proches sur leur page Facebook. Les prestataires du type Blurb leur facilitent la vie en proposant simultanément la mise en page, l’édition et la vente de leurs œuvres. Par ce biais, les auteurs en herbe rêvent de gagner une nouvelle reconnaissance. Partager ses photos en dehors du net, c’est bien mais on ne peut pas s’attendre à un miracle. La gloire ne tombe pas du ciel parce que l’on a édité ses photographies dans un livre. Pour ma part, je compte distribuer sur les salons et les expos d’artisans à prix coûtant ou presque. L’objectif est de faire connaître mon travail d’une manière différente et surtout hors des circuits virtuels. Cela permet d’être en contact direct avec les amateurs de photos.

Souvenirs sur négatifs couleurs

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C’est fou la quantité de souvenirs que l’on peut accumuler ! Les négatifs couleur de la pleine époque argentique oubliés dans des boîtes à chaussures refont surface des années après. Sur la table lumineuse, on redécouvre nos vies d’avant avec une pointe de nostalgie. Je suis tenté de numériser tout ce qui n’a pas été tiré sur papier. Je me doute que la plupart des images n’offrent pas grand intérêt au public. Mais elles ont une valeur sentimentale et je me dois de les sauvegarder. Le paradoxe, c’est de surcharger les disques durs avec des photographies analogiques. Mais voilà, c’est ma façon de procéder. Je peux à tout moment faire un tirage des anciennes photos. Le seul regret, c’est à propos des négatifs qui ont mal vieilli. Les couleurs pâles trahissent un mauvais stockage et l’usure du temps. Certaines pellicules sont imprégnées de poussières. Le système de nettoyage automatique du scanner n’est pas efficace à 100 %. Il faut en éliminer une partie à la main avec Photoshop. Le travail en vaut la peine. Les vieilles photos retrouvent une seconde vie.

Explorations de friches industrielles – photographies noir et blanc argentiques

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J’ai entrepris l’exploration de trois usines abandonnées. J’ai osé braver les interdits et faire fi des panneaux d’interdiction. J’ai pu pénétrer à l’intérieur de sites désaffectés interdits aux public sans difficulté. Je trouve regrettable que l’accès à certains sites soit aussi aisé. Même si tous les bâtiments ne représentent pas un réel danger en soi, certaines vieilles usines ne sont pas sans risques. J’ai croisé de jeunes inconscients qui escaladaient les murets et les escaliers en béton peu stables. D’ailleurs, je me suis permis de les mettre en garde contre d’éventuelles blessures. A l’intérieur des usines les plus délabrées, les chutes de pierres ou l’effondrement de planchers sont toujours probables. Par endroit, des trous béants difficilement décelables dans la pénombre vous attendent sournoisement pour vous prendre au piège.

J’ai pris d’infinies précautions en me déplaçant. Je n’ai touché à rien, déplacé aucun objet ni dégradé quoi que ce soit. Je n’étais là que dans un seul but : faire des photos différentes de ce que j’ai l’habitude de faire. Explorer ces ateliers vides de toute machinerie mais encore imprégnés des odeurs de graisse et d’huiles m’a beaucoup plu sur le plan artistique. Au départ de la visite, on se sent en totale insécurité puis on prend goût au fil des découvertes. De salle en salle, on découvre des restes d’activité et on se demande à quoi pouvait bien servir tel ou tel engin. Les portes décrépies et les murs moisis deviennent un décor de cinéma et on imagine des mises en scènes improbables que l’on pourrait photographier. Mon but n’était pas de dénoncer ou de faire un état des lieux mais d’inscrire en noir et blanc sur pellicule des formes sombres et des lieux inquiétants, un univers très éloigné du portrait de rue et de la photo de famille.